le matos ne fait pas la photo

improve: focales

Niveau: tous

 

Pour choisir un appareil photo compact ou bridge, ou un objectif pour reflex, on a notamment besoin de savoir si l’objectif embrasse toute la scène présente ou bien simplement un détail de celle-ci. L’utilité d’un objectif se définit donc tout d’abord par le champ qu’il couvre : c’est l’angle de champ qui permet de savoir si celui-ci est mieux adapté au paysage (grand angle), au portrait (standard, petit téléobjectif) ou au sport (téléobjectif)…

On définit l’angle de champ en degrés (avec peine, quand c’est nous… ah, la géométrie dans l’espace !) : par exemple un objectif 24mm couvre 84°. Cependant, la difficulté supplémentaire consiste à savoir si on parle de l’angle couvert par la diagonale de l’image, ou par l’horizontale, ce qui varie selon les sources d’info… et qui n’est pas très parlant car nous ne sommes pas souvent intéressés par l’espace mesuré en diagonale…

Pas étonnant donc, que les photographes aient abandonné ce système trop mathématique, pour reprendre celui de la distance focale, donnée en millimètres, et indiquée sur tous les objectifs.

Ainsi, dans le language courant on parle de grand-angle en évoquant un objectif 28mm par exemple.
Or en réalité le rapport entre l’angle de champ et la distance focale dépend de la taille du film (ou du capteur, désormais).
Pendant des années ce système est resté le plus simple car tout le monde parlait de distance focale en relation avec la pellicule 135, ce que l’on appelle habituellement le 24×36, un dérivé du film 35mm déjà utilisé par le cinema.

En effet, depuis l’invention du premier appareil utilisant ce film cinema par Oskar Barnack en 1905, la photo a très majoritairement utilisé ce format.

Avec un seul format de film, la confusion entre angle de champ et distance focale pouvait commencer.

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En numérique, la taille des capteurs utilisés varie énormément d’une gamme d’appareils à l’autre.

Il n’est plus possible de parler de la distance focale pour décrire la même vue sur un compact et un reflex. Aussi, pour rester dans la simplicité, le format 135 reste la référence et on parle d’équivalent 24×36.

  • Par exemple, la phrase: “l’objectif est un zoom allant de 7,4mm à 44,4mm soit un 35-210 en équivalent 24×36″ décrit le zoom du compact Canon G9.
  • Avec un reflex à petit capteur comme le Nikon D80, en utilisant un objectif 24mm on obtiendra le cadrage d’un 36mm sur un appareil 24×36. On va donc dire que, dans ce cas, le 24mm est un équivalent 36mm.

Il convient donc de se faire une idée de ce que donne le cadrage en 24×36 pour savoir ce qu’est un grand angle 20mm, un téléobjectif 135mm, etc.

Passons aux exemples.
Les prises de vue n’ont pas été faites avec un pied et gardent donc le caractère approximatif qui convient à un blog, mais devraient vous donner une idée tout de même.

Le panneau de piste cyclable fait 1m de haut : il correspond à un enfant qui serait situé à environ 6m de distance. On commence par la fin: les longues focales d’abord.

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300mm: Super téléobjectif. (il en existe jusqu’à 1000mm en photo et plusieurs mètres en astrophotographie et autre digiscopie).
Avec le 400, le 300 est le télé de référence des photographes sportifs et animaliers. Au delà de ces focales, l’encombrement et le prix deviennent stratosphériques (10 000€ le bout).

Les super télé entre 300 et 600 sont bons pour le sport, les portraits volés, le paysage de loin, les animaux difficiles à approcher, l’astrophotographie à bon marché…

Bref : pour se rapprocher artificiellement d’un sujet dont on ne peut peut-être pas se rapprocher en pratique : les animaux dangereux, ou au contraire farouches, viennent à l’esprit. La lune, aussi !

A ne pas confondre avec la “macro”, type d’objectifs qui peuvent agrandir des objets/insectes/détails en rapprochant l’objectif très fort. En gros, un super télé ne peut pas faire le point à moins d’un mètre (voire parfois 2 !). Il grossit les sujets éloignés, pas les sujets proches.

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200mm: Super téléobjectif. Pour le sport, les portraits volés, le paysage de loin… Un bon compromis entre qualité optique et facteur de rapprochement.

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135mm: téléobjectif. Idéal pour les portraits serrés. Sensation de rapprochement satisfaisante.

Pour le portrait, les focales idéales sont comprises entre 135mm (pour le visage) et 50mm (pour le portrait en pied).

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100mm: téléobjectif. Un peu juste pour se rapprocher vraiment d’un détail.

La compression de perspective (qui n’est qu’une impression) diminue sensiblement. (on en reparlera)

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70mm: petit téléobjectif. Très peu de déformation géométrique, pas d’impression de “compression de perspective”. Avec le 75 et le 85mm, le 70mm convient parfaitement au portrait serré (buste…).

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50mm: standard (ni grand-angle, ni téléobjectif).

En fait, la diagonale d’un film 24×36 est d’environ 43mm. Le 50 est proche de cette valeur, ce qui a deux conséquences:

  • l’anamorphose de perspective commence en deça du 50mm: le 50 est l’objectif qui a la plus courte focale possible sans déformer la scène photographiée pour la faire rentrer “au chausse pied” dans le film 24×36.
  • D’autre part, c’est également la focale la plus courte permettant d’obtenir une distortion géométrique quasi nulle.

Cette simplicité permet de fabriquer des objectifs d’excellente qualité et très lumineux pour un prix dérisoire. C’est sans doute pourquoi les constructeurs de reflex l’ont associé en standard à leurs reflex dès l’après-guerre.

On l’appelle également “standard” pour sa proximité avec l’angle d’observation d’un objet. Exemple: regardez un tableau sur un mur: observez à quelle distance vous devez vous placer pour avoir un angle d’observation qui embrasse tout le tableau, et rien d’autre. Prenez une photo à la même distance au 50mm. Le tableau devrait être dedans, à peu de choses près.

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35mm: grand angle “traditionnel”. Avec le 28mm (focale malheureusement omise de cette série), il s’agit des deux focales “grand angle” les plus répandues.
Le 35mm est une des focales les plus importantes. Elle a été popularisée par de grands photojournalistes qui en ont fait leur “focale standard”.

L’avantage du 35, c’est son universalité: elle déforme suffisamment peu les visages et corps humains pour être utile en reportage et en photo sociale, tout en embrassant une scène plus vaste que la focale standard, ce qui en fait un outil adapté aux petits espaces de la vie moderne. Le 35mm n’est vraiment frustrant que lorsque l’on n’a rien de plus large, et qu’il faut s’en contenter pour tout, surtout comme focale de départ dans un zoom. En dessous du 35 un visage ou un corps commence à être disgracieux, surtout en bord d’image, ou si la photo est prise très près du modèle.

Le 28mm est considéré comme le compromis idéal pour le paysage et la photo en extérieur, depuis sa démocratisation dans les années 80. En argentique les meilleurs zooms commençaient au 28. Zeiss, Leica et Nikon ont produit en leurs temps des objectifs 28mm légendaires.

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24mm: limite entre grand angle et ultra grand angle dans le langage courant. Les bords sont moins déformés. très bonne focale pour le paysage, le reportage large en intérieur, l’assemblage panoramique, la photo d’architecture ou d’industrie. Le 24 est le remplaçant moderne du 28: on trouve aujourd’hui nombre de focales fixes en 24mm (Canon propose 3 objectifs 24mm différents !).

Les zooms transstandard “pro” pour reflex numériques “plein format” (jargon marketing pour décrire un capteur 24×36) commencent également à 24mm.

Ricoh fait un bon appareil compact doté d’un 24-70mm: la plage de zooming est inspirée de celle de ces zooms “pro”. C’est le seul compact qui démarre au 24mm.

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21mm: ultra grand angle. On arrive à des largeurs de champs extrêmes. Moins spectaculaire mais grosso modo identique à la scène suivante, dans le rendu général.

A partir de là plus aucun compact ou bridge n’offre un tel grand angle sans complément optique: il faut au moins un reflex.

Idéal pour les fans de reportage narratif ou toute la scène contribue à l’histoire de la photo. Prisé également par les amateurs de ciels spectaculaires et les possesseurs d’appartements parisiens de taille standard (30M2 ou moins). Focale standard de Lâm (hin hin).

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17mm: ultra grand angle.
Paysage super large. beaucoup de ciel. Les personnages sont petits, même s’ils sont proches.

L’angle de vue se rapproche de ce que l’on perçoit autour de nous, d’où le coté descriptif d’une photo en très grand angle, qui permet une narration assez complète de la scène observée.

Cependant, l’anamorphose de perspective nécessaire pour faire rentrer un angle aussi large sur nos capteurs crée une déformation assez forte sur les côtés.

Conséquence: les proportions des personnages qui seraient présents dans une telle photo sont faussées. Cela donne un résultat assez laid, limite ‘alien’ pour les crânes étirés par leur proximité avec les bords de l’image….

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Enfin, pour l’exemple ‘paysage’ :

La même image à 17mm mais en cadrant 2/3 de ciel et 1/3 de sol. remarquez l’effet sur le ciel, et la tendance du côté gauche de la rambarde à plonger (perspective exagérée par le grand angle).

Improve est une rubrique technique publiée les mardis (quand tout va bien).

Le prochain IMPROVE pourrait être écrit tout exprès pour vous, nous on attend que ça :

Envoyez vos questions techniques de manière concise (avec, si possible) un petit jpg explicatif ou un lien vers la photo concernée à improve [arobase] lense (point) fr