Oui, encore une news sur le nouveau vaisseau amiral de Nikon, le D3x. Anh et moi avons eût la chance de le tester hier soir lors d’un atelier Nikon et évidemment, c’est impressionnant, même en jpg.

Mais peut-être moins impressionnant que le débat qui entoure son tarif : 7490 euros / 8000 dollars. Un tarif que nous trouvions trop cher, comme beaucoup. Je ne parle bien sûr pas de trop cher au sens “mince, j’allais presque l’acheter”, mais au sens du marché actuel.
Pour cela, je vous invite à relire cette tribune sur les nouveaux Full Frame experts, qui explique que ce segment nouveau ramène les tarifs de la photo à leur niveau d’antan.

En tout cas, les leaders d’opinion de la communauté pensent de même et boudent tous le positionnement du D3x, expliquant que son tarif est totalement d’un autre temps, avec la présence des 5D markII et autres Sony Alpha 900. Et quand je parle de leaders, je parle de Thom Hogan, le polémique Ken Rockwell ou le très respecté Michael Reichmann, qui vient d’annuler sa commande !

La polémique est enfin alourdie par cette théorie de Chasseur d’Image qui affirme que son capteur, source officielle de son tarif… Serait moins cher à produire que celui du D3 ! Au premier abord farfelue, cette théorie se révèle possible car il est assez évident que le capteur du D3x est partagé avec celui du Sony l’Alpha 900… Qui coûte 3 fois moins cher. Hier, Nikon ne nous a pas confirmé la source du capteur.
Le déjà légendaire capteur du D3 est de son côté, l’un des seuls développés exclusivement pour Nikon par une autre firme et pourrait donc coûter aussi cher, voire plus.

De l’autre côté de l’échelle, la cible des Moyen Format enfin est claire pour le D3x. Mais aujourd’hui, un Hasselblad H3D neuf 31MP avec optique coûte 12 000 euros HT, ce qui est également trop proche du D3x, malgré ses qualités propres (rafale, encombrement, ergonomie). Pris en sandwich ?

…………………………

Il est évident que le D3x n’est pas ici pour reverser un marché. La chef de produit de la marque nous le disait : en volume, les reflex de plus de 2000 euros représentent 2% chez Nikon, on n’ose imaginer le segment des plus de 7000 euros…
Le D3x est donc un appareil symbole. Il fait rêver les 99,9% de photographes qui ne peuvent se le payer, pose Nikon devant Canon pour la première fois dans la course au pixel et couvre le dernier segment qu’il manquait à la marque jaune, le studio. Mais pour un appareil d’image, il eût fallu frapper un grand coup, plus que de marquer une forme de conservatisme.

Dans ce contexte, l’appareil sûrement exceptionnel qu’est le D3x naît dans la fin d’une époque, et la grogne, qui n’aurait jamais existé il y a un an, le montre. Et tout comme son rival, l’EOS 1Ds MarkIII est remis en cause depuis cet été. le D3x est un Demi-Dieu qui va devoir descendre de son piédestal s’il veut que son espèce ne soit éradiquée par l’évolution.

(Ceci n’est asolument pas un article de micro lobbying pour faire descendre le prix du D3x à 5500 euros alors que je dois changer mon matos heinnnnnn ^^)