En attendant les Ateliers Mini Lense de Samedi, je vous propose de réviser vos classiques : Vitesse, Ouverture et Sensibilité !

Aussi complémentaires que les trois mousquetaires, maitriser ce trio infernal ouverture/vitesse/sensibilité n’est pas du tout évident lorsque l’on commence à s’intéresser de près à la Photo. Pourtant c’est une étape obligatoire pour enfin avoir le contrôle sur le rendu final de votre photo. Considérez cela comme un petit bizutage ;)

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Voici donc la remise en selle de la série des BASICS, qui aborderont les sujets de base de la technique photographique. On espère permettre aux débutants (et éventuellement aux plus confirmés d’entre vous) d’avoir les idées claires sur des principes parfois difficiles à assimiler.

Mécanique photographique

Avant toute chose, rappelons de quoi est composé un appareil photo pour mieux comprendre en quoi les différent réglages modifient la quantité de lumière qui arrive sur la pellicule ou le capteur.

Les 2 éléments principaux qui agissent sur l’exposition dans un appareil photo sont le rideau et le diaphragme.

Le rideau se trouve devant la pellicule et permet de contrôler pendant combien de temps on laisse la pellicule ou le capteur exposé à la lumière, la vitesse est généralement exprimée en secondes ou fractions de secondes.
Le diaphragme se trouve le plus souvent dans l’optique elle même et permet de contrôler la quantité de lumière qui entre dans l’appareil. Plus le chiffre que vous choisissez sur votre boitier est faible, plus le diaphragme est ouvert et laisse entrer de lumière.

Il était un temps ou les appareils étaient complètement manuels, et une aiguille vous indiquait si les réglages choisis étaient à peu près corrects en fonction de l’ouverture et de la vitesse sélectionnées (et encore, l’aiguille de la cellule c’était déjà un progrès… ).

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Ouverture et vitesse

Ce sont les 2 réglages principaux disponibles sur votre réflexe (sur certains compacts aussi!). Ils ont des effets bien particuliers et permettent de modifier le rendu de votre photo de manières très différentes.
Selon les situations, on pourra se concentrer sur la vitesse d’obturation pour figer un mouvement rapide dans une scène par exemple,  ou sur l’ouverture pour choisir la quantité de plans qui seront nets.

A gauche, faible vitesse d’oburation (1/50s). A droite, vitesse élevée (1/1000s)

A gauche, grande ouverture (f1.8). A droite petite ouverture (f5.6)

EDIT: Dans les commentaires, Adl pose une excellente question qui me permet de préciser un principe :
plus l’ouverture maximale d’un objectif est élevée, plus la zone de flou sera élevée comme on peut le voir sur l’exemple 2.
Mais ce n’est pas tout : la distance avec le sujet joue aussi sur la taille de la zone de netteté, plus le sujet est éloigné de l’objectif, plus il sera difficile d’avoir un arrière-plan flou.
Pour faire un portrait qui se détache de l’arrière plan, essayez de vous rapprocher de votre sujet !

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Sensibilité ?

A gauche, sensibilité faible (200 isos). A droite, sensibilité élevée (3200 isos)

C’est un sujet un peu à part : la montée en sensibilité c’est le nerf de la guerre entre les fabricants cette année, avec l’arrivée de nouveaux boitiers pros et experts qui battent des records.
La possibilité de prendre des photos à 3200 isos en conservant énormément de détails est une vrai révolution dans le domaine de la photo, quelque chose d’encore impensable il y a quelques années.

Pour comprendre de quoi il s’agit lorsqu’on parle de sensibilité, il est bon de se rappeler comment fonctionne les pellicules que nos parents chargeaient dans leurs appareils (je rigole hein, les “pelloches” ont encore un bel avenir devant elles)

Même si ce n’est pas ma spécialité, je vais essayer de vulgariser un peu les principes chimiques qui entrent en jeu : lorsque vous regardez une pellicule de (très) près, vous pouvez distinguer de petits grains d’oxyde d’argent (d’où le nom “argentique”) qui vont devenir plus ou moins sombres lorsqu’ils seront exposés à la lumière. Plus ces grains sont gros, plus ils seront sensibles à la lumière et inversement. Lorsque vous achetez un film 400 asa, les grains sont bien plus gros que ceux d’une pellicule 100 asa et cela se voit lors du tirage ou les détails sont par conséquent moins présent. (mais ça a un charme certain on est d’accord)

En numérique, un capteur est formé de millions de petites cellules (les photosites) qui enregistrent chacun une information lorsque vous prenez une photo (couleur, niveau de luminosité, …). Lorsqu’on choisit d’augmenter la sensibilité sur son appareil numérique, il s’agit en fait d’amplifier “le signal numérique” qui a été enregistré par chaque photosite. Autant vous dire qu’on ne peut pas amplifier le signal indéfiniment et que le bruit qui apparait sur votre image (sous forme de taches de couleur, de dégradation des détails) est comparable au souffle ou bruit que vous entendez en arrière plan lorsque vous montez le son de votre chaine hi-fi. (vous excuserez cette analogie un peu houleuse… ;)

L’augmentation de la sensibilité permet en fait d’étendre la latitude de réglages en vous permettant de gagner quelques crans en vitesse ou en ouverture. Mais attention à ne pas en abuser (sauf si votre boitier à moins de 6 mois :)) !

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Pourquoi parle-t-on de mode “Priorité” ?

Pour simplifier la vie du photographe, limiter le nombre de réglages, les calculs et les réflexions à faire avant de déclencher, les boitiers proposent de donner la priorité à l’un des paramètres sur l’autre : vous choisissez l’ouverture ou la vitesse et l’appareil calcule automatiquement l’autre paramètre pour que l’exposition soit correcte.
Vous pouvez imaginer que sans ces automatismes, il fallait bien connaitre son matériel pour réaliser une photo sur le vif ou spontanée (et un peu de chance aussi… ) avec un appareil “ancien”.

Attention, il ne faut pas oublier que nos appareils ne sont pas parfaits. Il arrive que  les mécanismes de nos réflexes ne soient pas capables de bien distinguer les éléments d’une scène et d’en déduire correctement les conditions lumineuses. On détaillera cela dans un autre article “remise au point” sur les modes de mesure de lumière, mais en attendant on partira du principe que l’appareil fait son boulot et choisit les bons réglages (ce qui est le cas 95% du temps… ouf… :).

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Alors… Priorité ouverture ou priorité vitesse ?

En pratique sur votre réflexe ces différents modes priorité sont accessible via une molette comportant plusieurs inscriptions (la sensibilité étant plus souvent accessible par le menu ou un raccourci) pour rappel et pour les marques les plus populaires :

Nikon, Sony & Olympus
A -> Aperture
S -> Speed
P -> Program

Canon
Av -> Aperture Value
Tv -> Time Value
P -> Program

Pentax
Av -> Aperture Value
Tv -> Time Value
Sv -> Sensibility Value (Mode Program avec sensibilité plus accessible)
TAv -> Manuel avec sensibilité ajustée automatiquement

Imaginons que l’on cherche à faire entrer le plus de lumière possible dans notre appareil, par exemple lors d’une soirée ou d’un concert peu éclairés (les pires conditions quoi… ).

Il faut tout de suite se faire une raison, on ne peut pas faire de miracles, et si on gagne sur un terrain on perd forcément sur un autre. Vous avez donc plusieurs options :

- Augmenter l’ouverture => vous laissez entrer plus de lumière MAIS votre profondeur de champs diminue, vous obtenez moins de plans nets et vous êtes souvent limités par l’ouverture maximale de votre objectif. (les objectifs qui “ouvrent” beaucoup sont généralement les plus chers)

- Diminuer la vitesse => vous laissez entrer plus de lumière (enfin autant, mais plus longtemps) MAIS il y a plus de risques que vous obteniez des images floues : un stabilisateur optique pourra corriger vos tremblements, mais si votre sujet se déplace ou bouge rapidement il sera flou .

- Augmenter la sensibilité => vous laissez entrer plus de lumière (artificiellement par amplification) MAIS cela s’accompagne généralement d’une dégradation de l’image avec l’apparition de “bruit”.

Lorsqu’on gagne sur un plan, on perds forcément sur un autre. La difficulté est souvent de comprendre les limites des capacités de son appareil et les réglages qu’on peut changer pour réussir sa photo.

Oui, c’est bien un trio infernal :P

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On récapitule?

Il y a 3 choses à retenir pour maitriser l’exposition :
- L’ouverture permet de régler la profondeur de champ
- La vitesse permet de figer des mouvements rapides ou inversement d’obtenir des trainées, fantômes, …
- La sensibilité permet d’agrandir le champs d’action des 2 précédents au détriment de la qualité et de la quantité de bruit numérique.

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Entrainez-vous !

Rien ne vaut de la pratique pour assimiler un nouveau concept et que ça devienne “naturel”. On vous rassure, on a tous commencé par galérer et utiliser des pense-bête avant de choisir naturellement telle ouverture ou telle vitesse pour obtenir un résultat particulier.
N’hésitez pas à prendre en main votre matériel et faire des essais : en faisant une mise au point sur un élément précis, jouez sur l’ouverture et observez ce qui se passe !

N’hesitez pas à réagir dans les commentaires si certains point ou certains termes ne sont pas clairs et méritent d’autres eclaircissements. Au boulot !