Aujourd’hui un petit article de remise au point concernant les megapixel…
Argument marketing ou réel progrès? Quand on compare le nombre de pixels sur les capteurs et la capacité à monter en sensibilité, on finit par se demander si plus il y en a, meilleur c’est …

Pour remettre les choses au clair et comparer des choses comparable (ça aide), on s’est dit qu’il serait intéressant de rappeler quelques règles de base et essayer de buter quelques idées reçues.

Le capteur (oï! oï!)

On commence par le capteur de votre appareil numérique, qu’il s’agisse d’un reflex, un compact ou une webcam, le principe est le même :

Des cellules microscopiques (photosites) chargées d’enregistrer la quantité et la couleur de la lumière sont disposés en rangs sur toute la surface du capteur.

Vu de très près ça ressemble un petit peu à votre écran :

(sauf que ça fait le boulot inverse…)

Naturellement vous allez nous dire : “plus il y a de photosites, plus on enregistre des détails…”
En théorie oui, mais ça a un effet pervers : ça augmente le bruit.

Bruit Numérique ?

Sans rentrer trop dans les détails, il faut surtout retenir que plus il y aura de photosites sur une surface donnée, plus ils se “parasiteront” entre eux, plus le signal sera difficile à traiter pour l’appareil et  augmentera le bruit présent dans l’image capturée.

En gros, au delà d’un certain seuil, il vaut mieux agrandir le capteur si on veut mettre plus de pixels que d’essayer de les caser au chausse pied…

Solution : un capteur plus grand?

Clairement c’est la bonne voie à explorer et les boitiers haut de gamme chez Canon, Nikon et Sony sont passés aux capteurs plein-format (24×36 comme les pellicules). Cela permet de monter en résolution, de conserver une densité de photosites raisonnable et un niveau de bruit correct.

La solution logique pour gagner en qualité d’image est d’évoluer vers le moyen format, où les capteurs font parfois 6cmx6cm (à comparer au 2.4×3.6cm d’une pellicule). Mais même dans ces solutions destinées au studio, il y a beaucoup de marge pour faire des progrès (voir les tests de DxoMark ou le D3x marche sur les plate-bandes de tous les moyens formats)

Vous nous connaissez, on aime les comparatifs de fonctionnalités et de performances, les benchmark, les murs de briques pris en photo pour comparer le piqué d’un objectif… Mais ce qu’on aime surtout, ce sont les comparatifs équitables et basés sur l’utilisation du matériel dans la vraie vie.
On peut comprendre que bien s’équiper soit un plaisir, mais on trouve qu’il est plus gratifiant de s’équiper en fonction de ses besoins.

Laurent Thion a publié en début de semaine une expérience très intéressante et mets en évidence avec rigueur, qu’il y a très peu de situations qui nécessitent un capteur de plus de 12mpx (on vous recommande chaudement d’aller jeter un oeil) : Nikon D3 – D3X sur UrbanBike.

Et pour les anglophiles, j’en profite pour vous rappeler que David Pogue du NY Times avait fait une expérience similaire il y a 2 ans.

En bref, il serait temps qu’on arrête de se demander qui à la plus grosse…