Chez Lense, nous sommes prêts à tout pour vous fournir des articles. Même alors que nos lensers sont à des milliers de kilomètres. C’est donc avec plaisir que je vous passe ici une review du GF1 de Rémi en direct du Népal et écrit lors d’un voyage en bus de 7 heures.

panasonic-lumix-gf1

Pourquoi avoir choisi le GF1

Lorsqu’on part en voyage, en vacance ou en reportage, le poids devient vite un critère déterminant dans le choix de l’appareil photo. Dans mon cas, c’était autant le poids que la taille qui comptait, il me fallait un appareil photo à la fois léger et qui puisse tenir dans la poche. Ne voulant pas non plus faire de sacrifice sur la qualité d’image ou la taille du capteur, il n’était pas envisageable de prendre un compact.

Mon choix c’est tout de suite porté vers le GF1, appareil photo hybride au format micro 4/3, qui paraissait être l’un des meilleurs compromis du moment, sans compter qu’il avait fait l’unanimité pour la Team Lense lors de sa sortie.

C’est sur le model noir que j’ai craqué, agrémenté de quelques morceaux de gaffer noir, sur toute les parties blanches ou brillante, pour le rendre encore plus discret. Technique approuvé depuis longtemps chez Lense et déjà utilisée à l’époque par Cartier Bresson (ex Lenseur paraitrait-il).

Ok, mais avec quels objectifs ?

Amateur de focales fixes, j’ai choisi le pancake 20mm disponible en pack et un Voigtländer 40mm f/1.4. ce qui m’arrangeait bien car ce sont généralement les optiques les plus légères (ayant une fabrication optique bien plus simple qu’un zoom).

Les optiques Voigtländer sont à la base destinées pour la plupart aux montures M, si chères aux Leicaïstes. Mais grâce à des bagues d’adaptation elles sont facilement utilisables sur la monture micro 4/3 du GF1.

Optiques entièrement manuelles (mise au point et ouverture du diaphragme), elles demandent un minimum de connaissance photo pour les exploiter. Impossible par exemple d’envisager les modes Scènes ou Auto, seuls les modes M ou A étant utilisables.

Qualités et défauts du GF1 (et des 2 optiques)

En dépit de dimensions minimales, le GF1 a tout d’un grand. C’est à mon avis là son ultime point fort, un parfait rapport entre qualité d’image et encombrement.

Sa petite taille a par contre obligé les ingénieurs de chez Panasonic à faire des compromis au niveau de l’ergonomie. Je regrette toujours la double molette, d’autant plus que l’unique molette placé sous le pouce n’est pas des plus pratique. La prise en main est acceptable, mais j’ai de petites mains, elle sera bien plus délicate pour ces messieurs aux grandes paluches.

Accompagné du pancake 20mm, il rentre sans problème dans mes poches et a le mérite d’être prêt à shooter  – d’une seule main – en quelques secondes. C’est vraiment appréciable en reportage pour des situations inattendues.

A vrai dire, j’ai été plutôt impressionné par cet objectif, un 20mm f/1,7 aux dimensions réduites. Possibilité de l’avoir en kit avec le GF1, il rentre parfaitement dans la philosophie « petit mais costaud ». Un piqué qui n’a rien à envier aux grosses optiques, mise au point interne très performante, avec la possibilité de retoucher le point manuellement si vous êtes pointilleux. Que des qualités, sans parler de son ouverture tout à fait respectable. Un 20mm monté sur un capteur micro 4/3 donne l’équivalent d’un 40mm, soit une optique à tout faire, légèrement grand angle. A vrais dire il est monté en permanence sur mon boitier. Les seuls reproche que je pourrais lui attribuer, sont la qualité de fabrication qui fait un peu « cheap » comparé au Voigtländer, et le fait qu’il ne soit pas disponible en couleur noir, j’ai du lui refaire un habillage au gaffer.

Passons maintenant au Voigtländer 40mm f/1,4 pour lequel j’ai malheureusement été là un poil déçu. J’avais surement placé la barre un peu trop haut, mais je lui ai découvert quelques défauts auxquels je ne m’attendais pas. Un 40mm monté sur un micro 4/3 donne l’équivalent d’un 80mm f/1.4, soit un objectif de portrait par excellence. La construction est digne des meilleurs optiques que j’ai eu en main, tout en métal avec une finition impeccable, rien que le pare soleil est à lui seul une pièce d’orfèvre. On peut même dire qu’il est presque « trop » solide, l’ayant rangé à côté du GF1 dans mon sac, c’est le GF1 qui en a souffert avec maintenant de multiples rayures.

Son ouverture bien que très impressionnante pour un objectif de cette taille m’a par contre déçu. Vous savez surement que le piqué n’est jamais au meilleur de sa forme à pleine ouverture, mais je l’ai trouvé ici bien médiocre. Si bien que je ne l’utilise maintenant qu’a partir de f/2, dommage. Le deuxième point que j’ai trouvé regrettable, surement à cause de la bague d’adaptation, la mise au point sur l’infini est décalée. Je m’explique, si vous tournez la bague de mise au point à fond, soit pour faire la mise au point sur l’infini, et bien votre image sera floue ; vous êtes en fait allé trop loin. Il faut revenir un poil en arrière, pour obtenir la mise au point sur l’infini. Je soupçonne la bague d’adaptation d’être à l’origine de ce problème, pourtant je l’ai acheté chez Voigtländer, pas une fabrication quelconque trouvé sur ebay. A 160€ la bague d’adaptation, je m’attendais à mieux.

Revenons sur un point important, la mise au point manuelle sur un écran. A main levé, il faut avouer que c’est très galère. Ni l’optique, ni le boitier n’étant stabilisés, le mode loupe qui permet d’affiner sa mise au point, devient vite inutilisable sans trépied. Une stabilisation du capteur aurait été la bienvenue. Pas mal d’entrainement est nécessaire, mais avec le temps on arrive à s’abstenir d’utiliser le mode loupe pour vérifier.

Cependant, une fois la mise au point manuelle maitrisé, il reste un excellent objectif de portrait, que je ne regrette pas du tout.

Pour en revenir au boitier lui-même, une chose m’a grandement épaté : le système anti-poussière ! N’ayant ni miroir, ni obturateur mécanique (on peut voir directement le capteur lorsqu’on change d’objectif), je craignais fortement l’apparition de points noirs sur mes photos. Impossible d’y croire, mais pour l’instant aucune trace de poussière, et pourtant dieu sait que je change mes objectifs comme un barbare (d’une seule main, dans la poussière, en train de courir après un yack). Il faudrait que les gars de Panasonic vendent leur recette anti-poussière aux autres marques, ça rendrait service à bien des photographes.

Niveau autonomie, rien à signaler, grosse batteries  qui tiennent assez bien la charge, je compte 3-4 jours par batterie pour une utilisation modéré. Je ne suis pour l’instant jamais arrivé à court de mes 4 batteries.

Au niveau des menus et du logiciel interne, j’ai assez vite retrouvé mes repères. La encore, rien d’extraordinaire, mais le tout est très fonctionnel. Attention tout de même, lorsque vous jouez avec les différents formats de photo (carré, 3/2, 4/3, 16/9) votre fichier RAW sera modifié en conséquence, pas uniquement le fichier JPEG. Je me suis fait surprendre en utilisant le format carré, pensant que le fichier RAW serait de la taille totale du capteur. Du coup je préfère rester sur le format natif (4/3), quitte à recadrer ensuite en post-traitement.

Les modes personnalisés (C1, C2-1, C2-2, C2-3) sont directement accessible par la molette PASM, un vrai régal. Pour vous donner un exemple, j’ai réglé l’un d’entre eux, avec les même réglages que sur mon Hasseblad . Cela me permet en un cran de molette, d’avoir accès à un appareil de test et de faire un peu de Chimping (avant de fixer ma photo sur pellicule).

Je terminerais la review sur la qualité d’image. Rien à dire, elle est bonne (la qualité d’image, hein !).

Le capteur au format 4/3 s’en sort plutôt très bien jusqu’à 1600 ISO, les 13 méga pixels sont donc pleinement justifiés. Je regrette bien évidement le bokeh et la profondeur de champ de mon full-frame, mais là je pousse le bouchon un peu loin, il ravira en tout cas ceux qui viennent du monde des compact.

L’appareil photo idéal pour le reportage ?

A priori je dirai oui. Il comble toutes mes attentes à quelques exceptions près, je ne regrette vraiment pas mon choix.

Il ne remplacera jamais un reflex de reportage, tel un D3 ou D3s, mais il sait largement tirer son épingle du jeu. Je pense notamment aux situations périlleuses comme les manifestations, voir même le reportage de guerre, où il faut parfois rester le plus discret possible. Je fais par exemple, beaucoup de photos à main levé, sans viser et il est idéal pour ce genre de prise de vue.

Pour le photographe pro en reportage, c’est à mon avis l’excellent complément d’un gros reflex. Pour le photographe averti qui part en vacance, c’est un excellent remplaçant du reflex.

J’irai même jusqu’à dire, que pour une personne ne voulant avoir qu’un seul appareil photo et le plus polyvalent possible, Je conseillerai certainement le GF1.

Cette branche, des appareils photo hybrides est à mon avis plus que prometteuse et j’ai hâte de voir la suite et les nouveautés à venir.

Silphi de retour. Juste pour vous dire que vous trouverez les photos (notamment au GF1) et impressions de Rémi au Népal sur son blog dédié, Avatar.