Marcher le long d’un tronc d’arbre, lire son journal à 10 mètres de profondeur, déambuler sur les murs… Ca vous fait rêver ? Il l’a fait.

Philippe Ramette défie les lois de la physique et s’érige en sculpture vivante le temps d’une photo – le tout sans trucage, s’il vous plait.

Dans les situations les plus burlesques, le photographe garde un flegme exemplaire et un costume cravate qui lui donne un faux air de Buster Keaton. C’est à peine si un de ses cheveux bouge, et si une infime crispation se lit sur son visage, lorsqu’il traverse la baie de Hong-Kong à bord de son balcon – parfaitement parallèle à l’océan.

En réalité, Philippe Ramette est plus un installateur qu’un photographe ; et ses mises en scène nécessitent un travail de fourmi, de nombreuses attelles pour le soutenir dans des positions inconfortables, un gros budget de production et une équipe de plongée bien entrainée.

Mais peut-être faut-il garder le secret de ces situations incongrues et simplement se laisser gagner par le vertige véhiculé par ces images… renversantes.



 

Créer des situations irrationnelles de façon rationnelle, tel est le mot d’ordre de ce prestidigitateur : “Bien sûr, on pourrait faire une manipulation numérique, mais ce qui m’intéresse, c’est ce paradoxe : la rationalité effective de ces images.”

Non sans humour, l’artiste en costard-cravate déjoue les lignes d’horizons et la gravité avec élégance, comme si de rien était, et nous invite à modifier notre point de vue sur les lois qui nous maintiennent au sol.