Dans la série d’articles “L’argentique, l’essayer c’est l’adopter” (première et seconde partie), je vous propose d’aborder ou de (re)découvrir l’argentique. Aujourd’hui, je vous présente mes premiers pas dans le monde des grands : le moyen format.

Jusqu’à maintenant, j’avais toujours utilisé des argentiques au format commun qu’on retrouve sur la plupart des appareils photos : le 24×36, aussi nommé petit format. C’est un standard de pellicule d’une largeur de 35 millimètres. Créé à l’origine pour le cinéma, il a été introduit par la suite en photographie argentique et c’est le format (3/2) que l’on retrouve sur la majeure partie des numériques.


J’y suis habituée, je le connais bien et c’est aussi pour ça que j’ai voulu sortir un peu de ma zone de confort pour tester un autre façon de photographier. Pendant deux mois, j’ai utilisé un Yashica 124G avec une visée poitrine. Il a la particularité d’avoir deux objectifs (twin lense), l’un servant à la visée, l’autre à la prise de vue. On y met de la pellicule 120, ce qui donne des photos au format carré 6×6.

La découverte de l’appareil

Ce que j’ai d’abord noté, c’est que c’est un appareil plutôt imposant (et un peu lourd), mais plutôt mignon avec ces twin lense. Sur la photo ci-dessus, c’est le deuxième en partant de la gauche, il est entouré d’autres appareils, ce qui permet d’avoir une idée de sa taille.
Pour viser, j’ouvre le capot par le haut et là, j’apprécie tout de suite :
- la visée extrêmement lumineuse, on a l’impression d’être dans un film
- la grande taille du viseur qu’on regarde avec les deux yeux et qui donne une impression de relief
- le format carré qui surprend un peu et me challenge pour trouver comment composer

Les débuts pour maîtriser l’appareil

Je me suis sentie comme un albatros sur terre, complètement maladroite, à cause de la visée inversée gauche-droite. Il faut donc prendre son temps  Pour cadrer et s’y habituer, le mieux est de jouer un peu avec. Pour les réglages, l’appareil que j’avais dispose d’une cellule qui fonctionne, donc hyper pratique et simple pour régler la vitesse et l’ouverture.

Ce que j’ai aimé de l’appareil et du format carré et qui me donne donc envie d’en avoir un

- C’est le rapport au sujet qui change avec l’avantage indéniable du viseur poitrine. Il y a comme une plus grande humilité face à ce que je photographie car l’objectif n’est pas braqué, plus indirect, ce qui est tout de suite vécu comme moins agressif par les gens photographiés.

- Le format carré est une mine d’or géométrique, par ses égalités de longueurs et donc la régularité qu’il offre. Déjà il accepte par exemple un sujet centré, contrairement au 24×36, même si la règle des tiers s’applique toujours. De plus, contrairement au format rectangulaire où il y a facilement une dynamique en hauteur ou en largeur, le format carré apporte à la photo un côté apaisant et harmonieux.

Ce que ça rend

Un petit exemple de ce que mes 2 pellicules ont donné :


Voici aussi quelques liens vers des galeries flickr pour vous donner une idée des magnifiques photos qui peuvent être faites avec du moyen format :
- Emmanuelle Brisson
- Hitoshi
- Maxime Chelak

 

Enfin, si vous avez envie de jouer avec la composition du format carré pour pas cher, c’est hyper facile avec les applications sur smartphone comme : Retrocamera, FX Camera, Instagram, Hipstamatic etc.