Un ciel étoilé, pur. Et la Voie Lactée en toile de fond. La photo de ciel étoilé n’est pas difficile en soi mais nécessite des prérequis astronomiques indispensables pour comprendre comment les astres au-dessus de nous fonctionnent.

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- Prérequis : quelques notions d’astronomie –

Faire de la photo de ciel étoilé sans connaitre un minimum d’astronomie est difficile car par expérience, on a beau essayer, si on ne sait pas comment fonctionnent les astres qui tournent autour de nous, le résultat sera très moyen. Voici donc pour nous amateurs de photographie quelques notions d’astronomie indispensables à la prise de vue :

1. La pollution lumineuse :

C’est le principal facteur qui vous permettra (ou non surtout) de faire de la photo de ciel étoilé. En effet, la pollution lumineuse est la présence dans le ciel de lumière artificielle gênante pour la prise de vue de ciel. Cette pollution lumineuse est extrêmement présente dans les grandes villes où il est nécessaire de faire plusieurs dizaines de kilomètres afin d’atténuer les effets des lumières “oranges” des villes.

Pour avoir le moins de pollution lumineuse, il n’y a pas d’autres solutions que de s’éloigner des villes. De plus, l’altitude permet de réduire les effets de la pollution lumineuse. C’est pour cela que les téléscopes les plus performant se situent en altitude et loin des villes.

Pour vous faciliter la tâche et afin de savoir où se situe les spots avec la meilleure visibilité possible, vous pouvez consulter l’excellente carte de la pollution lumineuse en France sur le site d’Avex-asso.org. Une carte juste indispensable !

2. L’Etoile de la Mort. Euh. Polaire.

L’étoile polaire est une étoile qui se situe près de l’axe de rotation de la Terre. De ce fait, si vous voulez, par exemple, faire un filé d’étoile (nous y reviendront), il faudra cadrer pour que cette étoile face partie de votre photo.

Dans l’hémisphère nord, pour trouver l’étoilé polaire, il faudra lever les yeux au ciel et chercher une étoile particulièrement lumineuse (c’est la 48e étoile la plus lumineuse visible de notre ciel actuel). Plus facile à dire qu’à faire pour les non initiés comme moi, le plus simple dans un premier temps est si vous ne la trouvez pas, est de pointer vers le nord (ah oui une boussole est également indispensable) et de faire une très longue pose pour voir comment les étoiles “tournent”. Si vous voyez une étoile qui semble immobile sur votre photo, c’est que vous avez trouvez l’étoile polaire.

Je vous conseille également de vous procurer une carte du ciel étoilé. Gratuitement sur le net ou disponible en magasin spécialisé pour une dizaine d’euros afin d’essayer de reconnaitre quelques étoiles durant votre observation du ciel.

Attention également : la position des étoiles varie en fonction également de la position de la Terre sur notre ellipse solaire (logique me direz-vous) : un ciel en septembre est donc différent (au moins la position des étoiles) qu’un ciel en mars par exemple. Et cela dépend également que vous soyez situés dans l’hémisphère nord, ou dans l’hémisphère sud : la vision du ciel sera totalement différente car vous ne verrez pas les mêmes constellations que vous soyez en France ou en Nouvelle Zélande par exemple.

3. La Voie Lactée ou notre galaxie en un coup d’oeil

Voir la Voie Lactée est un pur bonheur et on se dit qu’on est bien petit dans ce monde. La Voie Lactée est en fait la vue de l’extrémité de notre galaxie, la Terre étant à l’autre extrémité : on voit donc l’autre partie de la grande spirale constitué de notre système solaire. Et pour voir la Voie Lactée (ou Milky Way pour les anglophones), pas de mystère, il faut d’excellentes conditions météorologiques : pas de pollution lumineuse, mais également un temps clair sans nuage. Et chose qu’on peut oublier : une nuit bien noire. Et pour avoir une nuit bien noire, il ne faut pas de lune car notre satellite fait office de source lumineuse (réflexion de la lumière du soleil) et va donc parasiter vos photos de ciel étoilé. Sur la photo ci-dessous, la photo a été prise à 3h du matin, dernier quart de lune : on se croirait en plein jour (ou presque). Il faudra donc choisir une soirée avec une nouvelle lune (c’est à dire sans lune contrairement à son appellation) pour ne pas être gênée par celle-ci. Et pour savoir les phases de lune, un bon calendrier fait l’affaire !

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- Exemple pratique : photos de Voie Lacté et filés d’étoile (ou startrail) –

Après avoir assimilé ces quelques prérequis en astronomie, attaquons nous à la pratique avec quelques photos de Voie Lactée et un filé d’étoile (ou startrail).

Comme dit précédemment, il est nécessaire d’éviter un maximum la pollution lumineuse. Personnellement, après quelques essais très moyens à une dizaine de kilomètres de Lyon, j’ai décidé d’aller en montagne, et précisément à 2100m d’altitude pour être certain d’avoir un minimum de lumière issues des villes. Et pour le choix du spot, ce sera le lac de Peyre, en Haute Savoie, avec une belle vue sur les Aiguilles Rouges, et le Mont Blanc. Et çà permet de faire une petite randonnée. Et accessoirement un peu de sport.

En terme d’équipement, deux choses indispensables : un trépied, et un objectif à grande ouverture, si possible grand angle. Bien entendu, si votre boitier peuvent monter en sensibilité, c’est un avantage. Personnellement, un Canon 17-40L et un Canon 15mm f2,8 fisheye feront l’affaire, en plus de mon 5D mark II. Une télécommande peut être utile mais vous pouvez vous en passer (pensez au mode retardateur 10 secondes). Par contre si votre boitier n’est pas équipé d’un intervallomètre, il sera indispensable d’en avoir une pour votre filé d’étoile. Ou passer sa nuit à déclencher mais je ne vous le conseille pas.

Dans notre cas, n’oubliez pas qu’on est en montagne et même si lors de cette sortie, nous étions fin août en pleine canicule (sur Lyon il devait faire 40°C), à 2100m d’altitude, il fait froid donc n’oubliez pas polaires, bonnets, gants et barres de céréales. Pour les plus courageux, une nuit à la belle étoile avec un bon sac suffit en plein été.

1. La Voie Lactée

Comme dit plus haut, pour voir la Voie Lactée, il faut attendre que la nuit soit noire. Si les conditions sont bonnes, vous la verrez très rapidement.

Pour cette photo :

Objectif : Canon 15mm f2,8 fisheye

Je n’avais pas assez de recul avec mon 17mm pour avoir à la fois la Voie Lactée, et le lac de Peyre en bas. Le Canon 15mm f2,8 fisheye permet d’avoir une vision 180°.

Ouverture : f2,8

La plus grande ouverture pour laisser entrer un maximum de lumière.

Vitesse d’obturation : 30s MAX

Vous serez tenté d’augmenter la vitesse d’obturation au delà des 30 secondes : c’est à proscrire. En effet, au delà des 30 secondes, on ressent sur les photos la rotation de la Terre, et donc le déplacement des étoiles. Vos étoiles seront donc floues si vous dépassez cette valeur. En aparté, pour une photo de lune par exemple, cette limite est d’1s30 environ, au dessus, votre lune sera floue.

Sensibilité : 3200 iso

Comme mon ouverture et ma vitesse d’obturation sont figées, il est nécessaire de jouer sur la sensibilité de votre capteur. Pour ma part, je suis monté à 3200 iso mais à 2500 iso la photo est exploitable.

2. Le filé d’étoile ou startrail

Le filé d’étoile (ou startrail) consiste à capturer la course des étoiles sur une seule photo. Certains vous diront qu’il est nécessaire de faire une très grande pose en laissant son appareil photo prendre une photo avec un temps d’exposition de plusieurs heures : c’est une erreur. En effet, vous risquez d’une d’avoir une photo complètement cramée, et deux d’abimer votre capteur en le laissant trop chauffer.

Mauvaise méthode : Longue pose de 18 minutes (même si le résultat est satisfaisant)

 

La bonne méthode est de faire plusieurs photos avec des temps d’exposition plus court, et d’assembler le tout via logiciel, comme Starmax sur PC. Ou alors Photoshop que nous verrons plus bas.

Pour prendre une centaine de photo à intervalle régulier, vous pouvez vous équiper d’un intervallomètre : avec cet outil, vous pourrez programmer les prises de vues en définissant notamment l’intervalle entre chaque prise de vue, ainsi que le temps d’exposition et le nombre de photo à prendre. Très pratique.

Pour ma part, je me suis équipé de l’intervallomètre Hahnel Giga T Pro pour Canon (mais mon petit doigt me dit qu’il est possible de s’en fabriquez un). Ou pour les plus geeks, d’utilisez les logiciels de la marque de votre boitier et de brancher l’appareil sur l’ordinateur pour déclencher à intervalle régulier.

Dans notre cas, on va faire 60 photos grâce à l’intervallomètre avec un temps d’exposition de 2 secondes, ouverture f2,8 et iso 200 : pour info, première photo prise à 1h27, dernière à 3h35.

Une fois toutes les photos prises, on va les assembler sous Photoshop :

Ouvrir toutes les photos sous Photoshop.

Le principe est de garder la première photo comme base et d’utiliser les autres photos. Pour cela, on va choisir la deuxième photo de votre shooting et aller dans Calque > Dupliquer le calque …

Nommez votre nouveau calque et mettez la dans la première photo (qui sert de base). Ce nouveau calque sera automatiquement au dessus de la pile de calque :

Sélectionnez le nouveau calque (ici nommé startrail1) et appliquez l’effet Eclaircir :

Renouvellez l’opération pour les n photos prises :

Résultat final :

On peut voir sur cet assemblage de photos l’étoile polaire au centre des cercles créés par la rotation des étoiles (en fait la rotation de la Terre mais bref.).

Vous voilà prêt à avoir les yeux rivés sur les étoiles ! Prochaine étape après avoir compris la technique de l’intervallomètre : le timelapse (mais ça, ce sera pour un prochain tuto).