Comme évoqué par notre ami Jerka sur les correction d’objectifs sur Lightroom 3, il existe des objectifs dit “à décentrement”, ou “tilt shift” an anglais. Ces derniers permettent de corriger au moment de la prise de vue les problèmes de déformation liés aux perspectives… Et offrent des possibilités créatives inédites. Regardons ensemble comment ces objectifs fonctionnent.

Pour les photographes d’architecture, les perspectives posent de vraies problèmatiques. Par exemple, si vous voulez prendre en photo un grand immeuble, vous allez cadrer en contre plongée (prise de vue par en dessous) avec un grand angle. Résultat : le bâtiment prend la forme d’une pyramide, se retrouve écrasé et les lignes verticales fuient.

Une solution serait de cadrer plus large (avec un grand angle) puis de corriger les problèmes de perspectives sous Lightroom ou Photoshop. Mais via cette opération, vous allez devoir recadrer, perdant donc des informations, avec cela une perte de la qualité de votre cliché.

Avec un objectif à décentrement, on va pouvoir directement à la prise de vue corriger ces perspectives, sans recadrage :

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Mais avant, nous allons voir la notion de cercle de netteté : vous le savez, c’est votre objectif qui laisse passer la lumière à travers un jeu de lentille, puis à travers un diaphragme : votre image arrive dans votre boitier sous forme circulaire. Puis celle-ci arrive sur votre capteur (ou pellicule) de forme rectangulaire (ou carré en fonction de la pellicule). Ainsi on projette sur votre capteur une image circulaire : pour que votre cliché soit net, le cercle doit couvrir votre capteur ou votre pellicule : c’est ce qu’on appelle le cercle de netteté :

Un objectif plein format classique offre un cercle de netteté d’environ 43mm. Un objectif à décentrement couvre lui une surface bien plus importante, de l’ordre de 60 à 80mm de diamètre : le cercle de netteté étant donc plus grand que votre capteur, il sera possible de placer votre image comme bon vous semble dans ce cercle : en déplacement de haut en bas, mais également de gauche à droite, grâce à un système de molette.


Le Canon TS-E 17mm f/4.0L

Souvent, sur les objectifs dits à décentrement, il sera possible de modifier l’orientation des lentilles permettant d’avoir une mise au point différente sur la photo : c’est ce qu’on appelle la bascule. Et c’est cette fonctionnalité qui va nous faire accéder au versant créatif de ces objectifs si spéciaux.

Grâce à la bascule, on pourra par exemple faire une mise au point vers l’infini sur un bord de la photo, et sur l’autre bord faire une mise au point à courte distance. Cela implique sur les photos un effet du style maquette ou Toy Effect, très en vogue ces derniers temps.


cc B-rob (http://www.b-rob.com/)

Cet effet maquette est d’ailleurs souvent utilisé dans les timelapse dont voici deux vidéos qui exploite les objectifs à décentrement :

Toy Soldiers from Alta Media Productions on Vimeo.

The Sandpit from Sam O'Hare on Vimeo.

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Alors oui, les objectifs à décentrement sont extrêmement chers (plus de 2300€ pour le Canon TS-E 17mm f4 !), sans autofocus et assez longs à manipuler, surtout si vous n’êtes pas spécialisés en architecture. Il existe heureusement des solutions moins onéreuses comme les Lens Baby par exemple donc le fonctionnement est identique, mais donc la qualité finale est en deçà des vrais objectifs à décentrement. Ou se rabattre sur des objectifs argentique du type Volna par exemple.

Notre conseil ? Si vous êtes motivés, achetez-en un d’occasion à plusieurs : ce type d’objectif reste fascinant, sans être utilisé tous les jours…