Mariant le monde de la photo à celui de la vidéo, les time-lapse permettent d’obtenir des vidéos où le temps semble avoir été accéléré. Il est très simple de réaliser un time-lapse, mais cela nécessite quelques notions pour bien comprendre son fonctionnement.

……………………………..

Qu’est-ce qu’un time-lapse ?

Un time-lapse est une succession de photos prises à intervalles réguliers permettant une fois le tout réuni d’obtenir une vidéo. La spécificité d’un time-lapse est de pouvoir avoir des vidéos dont le temps est accéléré. On obtient donc une séquence avec un temps plus court que l’action initiale. Par exemple, grâce à la technique du time-lapse, pour obtenir une vidéo de l’ouverture d’une fleur, on obtiendra une séquence finale de quelques secondes alors que dans la réalité, il faudrait une vidéo de plusieurs heures, voire plusieurs jours.

Le principe est très simple : on sait qu’une vidéo est tournée à 24 images / secondes. Pour le time-lapse, il suffit de remplir ces “24 images” par “24 images avec un intervalle donné (et régulier)” pour obtenir une seconde de film. Facile non ? Le plus dur étant de connaître justement le bon intervalle à choisir en fonction des conditions de prises de vue.

……………………………..

Le matériel

Pour la prise de vue, vous aurez besoin de deux accessoires indispensables : un trépied et un intervallomètre.

Le trépied servira à stabiliser votre ensemble boitier / objectif. Bien entendu, on ne reviendra pas sur le choix du trépied : s’il y a bien un investissement à faire, c’est bien dans un trépied (et puis c’est bientôt Noël…) : entre un bas de gamme à 40 euros qui risque de tomber au moindre coup de vent (avec votre matos photo au passage, et un trépied plus solide et stable (on en trouve des très bons à un prix de départ d’une centaine d’euros), il n’y a pas à hésiter. De plus, penser à lester votre trépied, vous n’êtes jamais à l’abri d’un coup de vent dévastateur.

L’intervallomètre va vous permettre de définir l’intervalle entre chaque prise de vue, mais également de pouvoir le déclencher de façon automatique et bien au chaud (et je peux vous assurer que lorsque vous shootez en pleine montagne et en plein désert, vous êtes content de savoir que votre appareil fait son travail comme un grand). Il existe des intervallomètres externes mais les Nikonistes ont la chance de posséder un intervallomètre de base dans leurs boitiers (ce qui n’est pas forcément le cas chez les concurrents, notamment Canon où seul les modèles 1D ont un intervallomètre intégré dans le grip).

Personnellement, mon choix s’est porté sur l’intervallomètre externe Hahnel Giga T Pro :

Mais si vous vous sentez l’âme d’un bricoleur, il existe de nombreux tutoriels sur internet vous permettant de créer votre propre intervallomètre. De même, il existe des firmwares modifiés pour nous appareils photos avec des options plus avancées et notamment l’intervallomètre.

Si vous shootez en intérieur ou si vous pouvez avoir accès à une prise de courant, il est possible de brancher un ordinateur à votre appareil photo et via les logiciels constructeurs pour déclencher avec des intervalles réguliers.

Je rajouterais également dans la liste une deuxième batterie et des cartes mémoires de haute capacité en fonction si vous enregistrez en RAW notamment.

……………………………..

La prise de vue

Comme énoncé plus haut, le plus important sera de connaître votre intervalle entre chaque prise de vue. Cet intervalle est facile à connaître : en effet, il doit être strictement supérieur au temps de pose de votre cliché.

Par exemple, si vous prenez un ciel étoilé avec un temps de pose de 30 secondes, votre intervalle sera supérieur à 30 secondes.

Attention, il faudra aussi prendre en compte un certain temps supplémentaire lié à l’enregistrement de votre photo sur votre carte (comptez entre 1 et 5 secondes).

Voici quelques exemples de temps de pose en fonction de ce que vous voulez capturer :

 

  • 1 seconde : trafic / nuages rapides / passants en pleine journée (pensez à un filtre gris !)
  • Entre 1 et 5 secondes : coucher de soleil / nuages
  • Entre 15 et 30 secondes : Soleil dans le ciel / déplacements des ombres sur le sol
  • Entre 30 secondes et 60 secondes : Etoiles, Voie Lactée
  • Plus long : plantes, chantiers …

Pour calculer votre intervalle de façon plus précise :

Par exemple, vous désirez prendre un ciel étoilé d’une durée de 2h pour en faire une vidéo d’environ 2s, il vous faudra donc :

2h = 120 minutes = 7200 secondes

Calcul : (7200/(2*24)=150 secondes soit un intervalle toutes les 2 minutes 30 (24 étant les 24 img/s).

Au niveau de la prise de vue, c’est très simple :

  • Faire la mise au point manuellement (pour un ciel étoilé vers l’infini)
  • Régler votre sensibilité (isos) au plus bas possible.
  • Régler votre balance des blancs (ou alors shootez en RAW, ce qui impliquera plus de place sur vos cartes mémoires).

……………………………..

Montage

Le montage est finalement ce qui a de plus rapide car hormis quelques retouches au besoin, le reste (notamment la création de la vidéo) se fait plutôt rapidement :

Une fois les photos prises (ici 33 photos), il suffit de les récupérer via votre dérawtiseur (ici Lightroom) et de les exporter en jpeg :

Puis de les monter via un logiciel de montage vidéo (ici Final Cut Pro X) mais vous pouvez utiliser de nombreux autres outils bien plus légers (et gratuits) comme ffmpeg ou encore Time Lapse Assembler. Il ne vous reste plus qu’à trouver une bonne musique et le tour est joué !

Résultat (un peu court):

Voici pour finir quelques exemples de très beaux timelapses, avec l’utilisation notamment de Dolly, appareil permettant de réaliser des travelling motorisés (déplacements latéraux de la caméra) :