Mariant le monde de la photo à celui de la vidéo, les time-lapse permettent d’obtenir des vidéos où le temps semble avoir été accéléré. Il est très simple de réaliser un time-lapse, mais cela nécessite quelques notions pour bien comprendre son fonctionnement.
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Qu’est-ce qu’un time-lapse ?
Un time-lapse est une succession de photos prises à intervalles réguliers permettant une fois le tout réuni d’obtenir une vidéo. La spécificité d’un time-lapse est de pouvoir avoir des vidéos dont le temps est accéléré. On obtient donc une séquence avec un temps plus court que l’action initiale. Par exemple, grâce à la technique du time-lapse, pour obtenir une vidéo de l’ouverture d’une fleur, on obtiendra une séquence finale de quelques secondes alors que dans la réalité, il faudrait une vidéo de plusieurs heures, voire plusieurs jours.
Le principe est très simple : on sait qu’une vidéo est tournée à 24 images / secondes. Pour le time-lapse, il suffit de remplir ces “24 images” par “24 images avec un intervalle donné (et régulier)” pour obtenir une seconde de film. Facile non ? Le plus dur étant de connaître justement le bon intervalle à choisir en fonction des conditions de prises de vue.
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Le matériel
Pour la prise de vue, vous aurez besoin de deux accessoires indispensables : un trépied et un intervallomètre.
Le trépied servira à stabiliser votre ensemble boitier / objectif. Bien entendu, on ne reviendra pas sur le choix du trépied : s’il y a bien un investissement à faire, c’est bien dans un trépied (et puis c’est bientôt Noël…) : entre un bas de gamme à 40 euros qui risque de tomber au moindre coup de vent (avec votre matos photo au passage, et un trépied plus solide et stable (on en trouve des très bons à un prix de départ d’une centaine d’euros), il n’y a pas à hésiter. De plus, penser à lester votre trépied, vous n’êtes jamais à l’abri d’un coup de vent dévastateur.
L’intervallomètre va vous permettre de définir l’intervalle entre chaque prise de vue, mais également de pouvoir le déclencher de façon automatique et bien au chaud (et je peux vous assurer que lorsque vous shootez en pleine montagne et en plein désert, vous êtes content de savoir que votre appareil fait son travail comme un grand). Il existe des intervallomètres externes mais les Nikonistes ont la chance de posséder un intervallomètre de base dans leurs boitiers (ce qui n’est pas forcément le cas chez les concurrents, notamment Canon où seul les modèles 1D ont un intervallomètre intégré dans le grip).
Personnellement, mon choix s’est porté sur l’intervallomètre externe Hahnel Giga T Pro :
Mais si vous vous sentez l’âme d’un bricoleur, il existe de nombreux tutoriels sur internet vous permettant de créer votre propre intervallomètre. De même, il existe des firmwares modifiés pour nous appareils photos avec des options plus avancées et notamment l’intervallomètre.
Si vous shootez en intérieur ou si vous pouvez avoir accès à une prise de courant, il est possible de brancher un ordinateur à votre appareil photo et via les logiciels constructeurs pour déclencher avec des intervalles réguliers.
Je rajouterais également dans la liste une deuxième batterie et des cartes mémoires de haute capacité en fonction si vous enregistrez en RAW notamment.
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La prise de vue
Comme énoncé plus haut, le plus important sera de connaître votre intervalle entre chaque prise de vue. Cet intervalle est facile à connaître : en effet, il doit être strictement supérieur au temps de pose de votre cliché.
Par exemple, si vous prenez un ciel étoilé avec un temps de pose de 30 secondes, votre intervalle sera supérieur à 30 secondes.
Attention, il faudra aussi prendre en compte un certain temps supplémentaire lié à l’enregistrement de votre photo sur votre carte (comptez entre 1 et 5 secondes).
Voici quelques exemples de temps de pose en fonction de ce que vous voulez capturer :
- 1 seconde : trafic / nuages rapides / passants en pleine journée (pensez à un filtre gris !)
- Entre 1 et 5 secondes : coucher de soleil / nuages
- Entre 15 et 30 secondes : Soleil dans le ciel / déplacements des ombres sur le sol
- Entre 30 secondes et 60 secondes : Etoiles, Voie Lactée
- Plus long : plantes, chantiers …
Pour calculer votre intervalle de façon plus précise :
Par exemple, vous désirez prendre un ciel étoilé d’une durée de 2h pour en faire une vidéo d’environ 2s, il vous faudra donc :
2h = 120 minutes = 7200 secondes
Calcul : (7200/(2*24)=150 secondes soit un intervalle toutes les 2 minutes 30 (24 étant les 24 img/s).
Au niveau de la prise de vue, c’est très simple :
- Faire la mise au point manuellement (pour un ciel étoilé vers l’infini)
- Régler votre sensibilité (isos) au plus bas possible.
- Régler votre balance des blancs (ou alors shootez en RAW, ce qui impliquera plus de place sur vos cartes mémoires).
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Montage
Le montage est finalement ce qui a de plus rapide car hormis quelques retouches au besoin, le reste (notamment la création de la vidéo) se fait plutôt rapidement :
Une fois les photos prises (ici 33 photos), il suffit de les récupérer via votre dérawtiseur (ici Lightroom) et de les exporter en jpeg :
Puis de les monter via un logiciel de montage vidéo (ici Final Cut Pro X) mais vous pouvez utiliser de nombreux autres outils bien plus légers (et gratuits) comme ffmpeg ou encore Time Lapse Assembler. Il ne vous reste plus qu’à trouver une bonne musique et le tour est joué !
Résultat (un peu court):
Voici pour finir quelques exemples de très beaux timelapses, avec l’utilisation notamment de Dolly, appareil permettant de réaliser des travelling motorisés (déplacements latéraux de la caméra) :








19 commentaires
Ajouter le votreJohny 7 décembre 2011 à 11:41h / Répondre
Bonjour, Le time lapse nécessite rapidement des milliers de photos, n’y-a-t-il pas un risque d’usure prématurée de l’appareil à prendre de telles quantités de photos notamment les composants utilisés par l’obturation ?
giloulous 8 December 2011/ à 00:46 heures
Je pense pas enfin sur mon nikon il se met en veille entre chaque photo donc c’est pas comme si il restait actif tout le temps. Enfin je pense.
madfish 7 décembre 2011 à 12:10h / Répondre
Salut les lensers!
Il y a quelques temps, quand je voulais me mettre au timelapse, j’avais cherché un logiciel simple, gratuit et rapide pour assembler un timelapse… en vain.. Comme je suis un peu geek je me suis fait mon propre logiciel, je vous le partage: http://db.tt/wMGVVJe (il est stocké sur ma dropbox) Il est fait pour windows (64bit) et l’interface est plutôt austère (c’est une application en console) mais ca la rend très simple! Peut être que ça vous sera utile ;)
Tcho!
giloulous 8 December 2011/ à 00:44 heures
Merci il est énorme ton logiciel simple comme il faut et ultra efficace. Je l’ai testé vite fait et en full Hd et ça donne pas mal. Merci encore
z0rg 7 décembre 2011 à 15:08h / Répondre
Un timelapse sympas de la gare de Strasbourg:
http://vimeo.com/16587585
Nikonido 7 décembre 2011 à 21:02h / Répondre
Super article, il m’est très utile! J’ai fait ma petite recherche des applications pouvant aider le calcul du temps final de vidéo et j’ai trouvé Time Lapse Helper. Il vous donne selon votre config, le temps à mettre en intervale ou comme bon vous semble. Je pense que ça peut être utile si on n’est pas trop pointilleux sur les détails et travaille à l’arrache.
Si vous avez un iPhone, c’est par ici http://itunes.apple.com/ch/app/timelapse-helper/id417703416?l=fr&mt=8
alienlebarge 8 décembre 2011 à 07:45h / Répondre
Super article … merci bien ;)
L’intervallomètre sera un excellent self cadeau de noël.
claf 8 décembre 2011 à 13:10h / Répondre
Une petite question, je ne comprend pas ce que viens faire “Régler votre sensibilité (isos) au plus bas possible.” dans tous ces (bons) conseils. ai-je loupé quelque chose?
Perso j’ai testé des timelapses sur courte durée, et d’autres sur plusieurs mois (une photo par jour) et il est évident que plus la période est longue, plus c’est compliqué. Quelques petits conseils pour des timelapses de longue durée seraient un bon apport à cet article imho.
Pour l’intervalomètre, j’ai testé pour vous la TI89 branché à mon Canon (ça marche mais ca bouffe les piles de la calculette en quelques heures) et bien mieux, le logiciel Magic Lantern pour pas mal de modèles Canon, ça ajoute directement un intervalomètre dans le firmware (mais ce n’est pas tout à fait un custom firmware).
k20fromparis 8 décembre 2011 à 13:36h / Répondre
Merci pour l’article.
Par contre j’ai beau chercher un peu partout, comment fait-on un timelapse qui tourne sur un axe ?
Avec la dolly on va se déplacer sur un axe, mais une rotation sur un seul axe je ne sais pas trop comment faire.
J’ai vu quelques tutoriaux qui montraient des modifications de minuteur de cuisine afin de caler un appareil photo dessus mais ca me semblait artisanal.
sendell 10 December 2011/ à 13:56 heures
Deux solutions :
- électronique, avec des montures d’astronomie détournées, que ce soit une équatoriale miniature ou une azimutale (ces dernières aussi utilisées en pano) : http://vimeo.com/27626381
- mécanique : une horloge détournée ! http://vimeo.com/30157803
Perso j’ai cassé une minimonture arrivée en butée, si je refais quelque chose ça sera basé sur une horloge…
mat_photography 9 décembre 2011 à 10:49h / Répondre
Merci pour ton article, mais un point me parait éronné. Je te cite:
“ce qui n’est pas forcément le cas chez les concurrents, notamment Canon où seul les modèles 1D ont un intervallomètre intégré dans le grip”
Tu parle de la première série, puisque mon 1DIII n’as pas cette fonction… Tu es obligé de passer via une télécommande intervallomètre externe.
sendell 10 décembre 2011 à 14:32h / Répondre
Ola
Pour les timelapses astro pas mal de ces “règles” ne tiennent plus :
. on a besoin de flux, impossible de rester à la plus faible sensibilité. Perso je me met à la limite supérieure de ce qui est correct (ISO3200 sur un 7D). Lje préfère ça à une vidéo sans étoile…
. En 30s avec un ultra grand angle, les étoiles auront eu le temps de bouger : à peine, mais vu la petite taille de nos pixels les étoiles avec le plus grand mouvement apparent ne seront plus ponctuelles. Les avions laissent aussi des traînées énormes. C’est une bonne valeur mais il ne vaut mieux pas la dépasser
. Je ne laisse aucun délais entre deux déclenchement : les étoiles les plus rapides peuvent avoir sauté un pixel (ça rend entre autres une photos circumpolaire quasi impossible), mais surtout à l’échelle de la vidéo le mouvement reste très lent : 15°/heure, il faut du débit pour ne pas s’endormir !
. Pour la même raison on va faire un timelapse montrant un temps assez long, on va se retrouver avec quelques milliers d’images : impossible de faire une conversion RAW->JPEG sur ses quantités ! Pour faciliter la gestion je vais jusqu’à utiliser des JPEG de faible résolution (qui sera de toute façon encore abaissée à 1920x1080px…)
. Une deuxième batterie ne sert pas à grand chose sans grip : changer de batterie n’est faisable que si on change de timelapse vu le temps nécessaire et le changement de cadrage quasi obligé… L’idéal reste l’alim secteur, un EOS7D avec deux batteries dans un grip tient 8h (par 5°)
. Je fais mes montages avec VirtualDub : gratuit, libre, léger… et franchement pas compliqué
Tout ça pratiqué : http://vimeo.com/30033249
pkseb 11 décembre 2011 à 14:34h / Répondre
Merci pour cette excellent article on ne peut plus complet qui donne les bases à tout un chacun de se “lancer” dans la création de time-lapse
Manu 28 décembre 2011 à 10:28h / Répondre
Bonjour,
Un autre outil, en ligne (avec possibilité de fonctionnement offline sur iPhone) pouvant aider au calcul des timelapses : http://www.photo-assistant.fr.
Yap75 2 janvier 2012 à 10:07h / Répondre
Super article ! De quoi donner envie de se lancer !
J’avais testé il y’a quelque temps “INSTALAPSE” qui est une application pour faire du timelapse très simplement…Le rendu n’a rien a voir avec ce qu’on peu obtenir avec nos boitiers photos mais pour s’amuser et tester un peu cette app est très bien…
guerin 23 janvier 2012 à 17:55h / Répondre
Le fait de faire du timelapse fatigue beaucoup plus vite les boitier puisque les obturateurs et en général la mécanique,sont conçus pour un certain nombre de déclenchement. Hormis les boitiers pros, testé pour plus de 400.000 déclenchements (Nikon D4), la plupart des autres vous permettront de faire entre 30.000 et 100.000 déclenchements !
Finalement, les plus costauds, et surtout moins chers, seraient les compacts ou hybrides sans grosse mécanique puisqu’ils sont munis d’ obturateurs centraux. Tout dépend bien sur des matériaux utilisés (carbone, kevlar) et de la qualité de fabrication.
Kreatox 28 janvier 2012 à 21:49h / Répondre
Super article, j’étais passé à côté et je suis bien content de tomber dessus! Ça répond à toutes mes questions ^^ ya plus qu’à s’y coller!
Josse-e 30 janvier 2012 à 22:09h / Répondre
Bizarre, je n’ai pas trouvé réponse a une question qui me semble pourtant importante (surement parce que je ne suis pas suffisamment bon, m’enfin, passons ^^)
j’ai donc voulu faire du lapsTime avec mon nouveau Sony NEX-5n, sauf que j’ai vite vu que régler la balance des blancs et les ISO ne changeait rien au fait que tout est d’un horrible blanc brûlée. ..
Bon, je m’y connais pas encore beaucoup en photo, mais j’ai pourtant tout fait pour que quand la vitesse soit réglée sur 15/16s (pour les nuages) l’image soit belle, mais non, rien n’y fait, tout est blanc….
Y a-t-il un réglage à faire spécial ? Ou alors un objectif spécial (on sait jamais) ?
Kreatox 31 January 2012/ à 12:47 heures
Je me permet de te donner mon avis malgré que nombre de Lensers sont plus compétents que moi sur le sujet. De longues expositions telles que 15/16s sont réservées à des prises de vue nocturnes, ou à de faibles luminosités. Je ne sais pas dans quel environnement tu as testé le timelapse mais à mon sens plus il y a de luminosité plus tu va devoir baisser ton temps d’exposition et augmenter la valeur focale. Fixe toi d’abord comme objectif de trouver le bon réglage pour une prise de vue simple puis choisi une fréquence de déclenchement (toutes les 10 ou 20s par exemple). Chaque environnement te demandera d’adapter chaque réglage. Une solution pour gagner quelques minutes est de shooter en auto sans flash puis de regarder le données EXIF pour les appliquer au mode manuel et faire quelques ajustements. Bon shoot :)