Annoncé en août dernier, le nex-7 a trusté le haut du classement des appareils hybrides sur de nombreux sites et magazines. Capteur APS-C haute résolution, taille réduite, nouvelle ergonomie “Tri-Navi”… Sur le papier, l’hybride haut de gamme de Sony donne envie et l’attente qu’il a suscitée s’est montrée très impressionnante chez les photographes. Nous avons eu l’occasion de le tester pour voir ce qu’il avait vraiment dans le ventre et surtout, voir si son ramage se rapporte à son plumage.


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LE PITCH
L’annonce du NEX-7 a fait des émules dans toute la communauté des photographes. En un mot, il s’agit de la version hybride du dernier reflex expert de Sony : le A77. Il en reprend le capteur APS-C de 24Mpx, le processeur Bionz et le viseur électronique OLED de 2,4Mpx le tout dans un format à peine plus grand qu’un NEX-5N – qui n’a pas de viseur. Sony introduit également avec ce vaisseau amiral une ergonomie baptisée “Tri-Navi” : deux molettes et une roue codeuse, qui gèrent la grande majorité des réglages de l’appareil. Le NEX est enfin designé et vendu comme un appareil haute performance, mais également comme un objet Premium, avec une finition et des matériaux haut de gamme, pour un boitier vendu environ 1200 euros nu.

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LE TEST
La star sait se faire désirer, à notre plus grand désarroi. Suite aux inondations en Thaïlande, la production n’a cessé d’être retardée. Finalement, on le trouve désormais au compte-goutte sur certains sites. Pour nous faire patienter, Sony nous a prêté le kit 18-55mm f/3.5-5.6. L’objectif est dans sa livrée noire, exclusive au nex-7. Il ne sera donc pas possible de l’acheter séparément. Nous avons complété ce test avec le pancake 16mm f/2.8 maison ainsi que le Voïgtlander 35mm f/1.4 en monture M avec une bague d’adaptation. A titre informatif, c’est le premier Nex que j’ai utilisé et le deuxième hybride après le Panasonic G3, étant pour le moment un utilisateur de reflex numérique.

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LE BOITIER
Malgré sa taille supérieure à celle du NEX-5N et du NEX-C3, l’appareil reste très compact. Sur la hauteur et la largeur, il n’a pas à rougir de la comparaison avec le Canon s95 (voir photo), notre ultra compact de référence.

En profondeur, la poignée et l’objectif le rendent cependant plus encombrant, les objectifs NEX n’étant pas réputés pour leur taille réduite… C’est flagrant avec le 18-55mm ainsi qu’avec le 35mm. Ça l’est moins lorsque l’on compare le nex-7 avec le 16mm pancake et le Canon S95 avec l’objectif déployé.

Et par rapport à un reflex ? A capteur et objectif équivalents (Nikon 35mm f/1/8), le NEX-7 maintient la promesse d’un hybride : il est bien plus petit (il y a un pare-soleil sur le Voïgtlander et pas sur le Nikon). Si on ne regarde que les boitiers, le nex-7 est plus fin et surtout moins haut. Rendez-vous sur camerasize.com pour faire la comparaison avec votre appareil actuel.

Sur un retour plus personnel, je gardais le nex-7 avec le 16mm dans la poche de mon manteau ou bien dans une petite poche de mon sac. J’ai repris goût à shooter dans la rue, en toute discrétion. Le nex-7 est également très léger, surtout avec le 16mm. Ça ne sera pas toujours le cas avec des objectifs plus gros ou construits en métal.

Pour finir cette partie, La construction du boitier se montre vraiment à la hauteur. Pas de jeu au niveau des boutons, finition excellente, matériaux solides… C’est du Sony comme on l’aime.

  • + Léger
  • + Construction
  • + Taille avec un pancake
  • - Taille du kit 18-55mm

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L’ERGONOMIE

Si le nex-7 est un boitier compact, on le tient bien en main. La poignée se révèle confortable et accrocheuse pour la plupart des mains et le caoutchouc qui la recouvre jusqu’à l’arrière assure une bonne préhension. Les commandes tombent bien sous les doigts, que ce soit le bouton on/off, le bouton vidéo dédié ou les molettes “Tri-Navi”.

A propos de ces molettes d’ailleurs : c’est un pari clair de Sony qui a décidé de placer côte à côte les deux molettes d’un appareil avancé, en plus de la roue codeuse que l’on voit souvent sur les compacts. Ce trio de commandes, toutes accessibles du pouce droit, se voit attribuer des fonctions suivant le sélecteur placé à côté du déclencheur et donc à portée de l’index. Pour résumer, la philosophie de l’ergonomie Tri-Navi revient à tout gérer avec deux doigts : l’index choisi les fonctions, le pouce les paramètres.

Leur utilisation est un peu déroutante au début, mais le feeling est bon. En quelques mots, avec le bouton à côté du déclencheur, on fait défiler des réglages (balance des blancs, zone de focus, plage dynamique, mode de prise de vue). Pas forcément très intuitif mais ça fonctionne bien au final ; surtout, on peut faire les réglages sans sortir l’oeil du viseur. Selon les modes A, S ou M, la molette de gauche prendra la fonction Ouverture, Vitesse ou Ouverture ; la molette de droite : Exposition, Exposition ou Vitesse. Quant à la roue codeuse, elle sert pour les ISOs. Les fonctions sont rappelées à l’écran.

Aux trois “molettes” s’ajoutent trois “soft-buttons” : des commandes configurables selon ses envies. Et c’est tant mieux car les réglages par défaut sont clairement mal pensés. Habitué à la visée reflex, l’écran de mon D90 me servait uniquement pour accéder à certains réglages et voir les photos. Dans un hybride, l’écran sert aussi à viser. J’ai passé la première demie-heure à chercher les réglages sur l’écran. Finalement j’ai restreint la visée au viseur et l’affichage des réglages à l’écran. Comme quoi, tout est réglable sur cet appareil, ce qui montre qu’il est orienté vers des utilisateurs avancés.

Enfin, les réglages sont très nombreux et leur organisation pourrait facilement être améliorée. On passe d’un écran avec 6 menus (PASM mode, appareil photo, taille d’image, luminosité/couleurs, lecture, réglages) à une liste presque infinie de réglages et d’options dans les sous menus. Pas facile de retrouver rapidement un réglage. On peut espérer qu’un firmware vienne corriger ce problème.

  • + Ergonomie
  • + Tri-Navi
  • - Ecran orientable sur 2 axes uniquement
  • - EVF limité
  • - Menus

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LE VISEUR ET L’ECRAN

Comme prévu, le nex-7 se voit équipé du meilleur EVF (viseur électronique) actuel, déjà utilisé dans les A77 et A65. Un viseur électronique offre beaucoup d’avantages : profondeur de champ, luminosité, contraste, couleur (ou noir et blanc), l’image dans le viseur est telle qu’elle sera enregistrée. La sensibilité d’un EVF est plus importante que celle de l’oeil, on peut donc voir dans le noir, ou presque. Et finalement, on s’habitue vite au rendu du viseur. Toutefois, on est loin d’un pentaprisme sur bien des points. Ce n’est pas aussi clair ni aussi grand. Il y a donc des avantages et des inconvénients. Pour le moment impossible d’avoir le meilleur des deux mondes.

L’écran arrière reprend quant à lui celui des NEX : d’une très bonne définition (921 000 points),  il est orientable, ce qui est surprenant quand on voit l’épaisseur du boitier. On peut ainsi redresser l’écran pour une visée poitrine, pratique pour la vidéo. Si on peut regretter que l’écran ne soit pas entièrement orientable, au moins il n’y a pas d’excroissance disgracieuse à l’arrière. A noter également qu’il ne reprend pas les fonctions tactiles du NEX-5N.

 

  • + Excellent viseur OLED
  • + Ecran arrière bien défini, orientable et fin
  • + Gestion avancée des informations affichées
  • - Il faut aimer le rendu des viseurs électroniques
  • - Articulation limitée
  • - Pas de tactile comme sur le NEX 5N

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LA QUALITE D’IMAGE
24 Mpx sur un capteur APS-C, ça peut faire beaucoup mais Sony s’en tire bien. Globalement, son dernier bébé est fidèle au niveau des couleurs et la balance des blancs automatique s’avère la plupart du temps correcte. En cas de difficulté, ce ne sont pas moins de 12 réglages de balance des blancs disponibles dont 2 customs qui seront mis à disposition. A savoir également qu’il est possible d’ajuster chaque réglage en température et teinte.

 

J’ai testé les ISOs (16mm, f/5.0, RAW+JPEG, pas de réduction du bruit) sur deux scènes assez sombres. Dans les deux cas, l’image est de bonne qualité jusqu’à 6400 iso : le bruit est faible, la couleur respectée et on conserve bien les textures. Même en jpeg, l’image est encore utilisable. A 12800 et 16000 iso, on peut voir une déviation vers le rouge/violet dans les tons sombres et le bruit dépasse les textures.

En jpeg à ces hauts ISOs, la qualité est médiocre. Les détails sont perdus, le bruit forme des “nuages” flous.

D’une manière plus générale, le grain de bruit est très fin. J’avais l’impression de retrouver un grain naturel, un peu comme sur les pellicules argentiques. Au final, l’appareil s’en sort plutôt bien étant donné la résolution du capteur.

RAW 3200 ISOs

Le capteur est globalement bien placé dans le classement DxO Mark :

  • Couleur : 9e, 1er au format APS-C
  • Dynamique : 8e, 5e des formats APS-C
  • ISO : 22e, 6e au format APS-C.
  • Général : 8e, 2e au format APS-C

Les classements valant ce qu’ils valent, il faut bien reconnaître que le NEX-7 reprend dans les grandes lignes les performances de l’A77 : de très belles images, mais on ne peut pas s’empêcher de penser au superbe 16MP du NEX-5N, véritable champion des basses lumières, peut-être plus polyvalent. Mais pas assez de MP, mon fils ?

  • + Très bonne qualité d’image jusqu’à 1600 ISO (RAW)
  • + Mode panoramique et mode HDR intégrés
  • + Focus peaking
  • - Lent dans les modes HDR et pano
  • - Qualité JPEG moyenne

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AF ET MODES

Les premiers retours sur le NEX 7 parlaient d’un appareil lent, au démarrage ou entre les prises de vues. D’expérience, je n’ai jamais été pris à défaut par la vitesse de démarrage et d’autofocus. En revanche, j’avais observé que l’appareil ramait pour enregistrer et afficher les images. Finalement en utilisant une carte mémoire de meilleure qualité (SanDisk Ultra 15MB/s), le problème a disparu. Il faut une carte performante pour gérer des fichiers RAW de 24 Mo et des JPEGs de 4 Mo en moyenne. Mais la cible du NEX 7 ne sera de toute façon pas du genre à acheter des cartes mémoire no-name…

Jpeg natif du Sony nex-7 (f/4.5, 1/50s, 800 ISO)

L’autofocus, rapide, se place dans le peloton des hybrides, mais reste en retrait d’un reflex costaud comme le A77. Logique, puisque l’on trouve dans le nex-7 un autofocus à détection de contraste moins performant que les autofocus à détection de phase inhérent aux reflex. Ce module reste cependant très précis avec ses 25 collimateurs, même en vidéo. Il est possible de passer rapidement en mode focus manuel et d’utiliser cette fonction merveilleuse qu’est le focus peaking. Elle permet d’identifier les zones nettes (où le contraste est le plus élevé) pour faciliter le focus manuel. Néanmoins pour que ce mode soit vraiment efficace, il vaut mieux régler la détection de contraste au plus sensible.

Le nex-7 propose également des modes HDR monochrome et couleurs dans lequel il assemble trois images prises en rafales à différentes vitesses. Ce mode ne fonctionne qu’en jpeg mais les résultats sont satisfaisants. Il est bien utile dans le cas de scènes contrastées. Toutefois, comme il s’agit d’une rafale, oubliez ce mode lorsque vous ou le sujet bouge. Enfin, le gros inconvénient de ce mode est sa lenteur. L’appareil doit traiter trois images de 24Mpx et il faut bien compter 5 à 8 secondes pour pouvoir visualiser la photo ou en prendre une nouvelle.

J’ai également apprécié le mode panoramique, une spécialité Sony. Il assemble une rafale en un panoramique et le résultat se montre généralement satisfaisant. C’est évidemment limité au jpeg et encore une fois, le rendu du pano prend quelques secondes pendant lesquelles on ne peut plus shooter.

 

  • + AF efficace
  • + Mode panoramique et mode HDR intégrés
  • + Focus peaking
  • - Transfert demandant une carte mémoire rapide
  • - Temps de traitement de certains modes

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LA VIDEO
Si le NEX 7 se pose comme une vitrine technologique en photo, la vidéo n’a pas  en reste, loin de là : les options et réglages sont pléthoriques ! Il est ainsi possible d’enregistrer les vidéos au format MP4 ou en AVCHD 2.0 pendant une durée maximum d’une demie heure. Le mode vidéo est accessible rapidement grâce au bouton dédié situé sur le grip. Le nex-7 permet d’avoir le contrôle sur tous les paramètres d’expositions (ouverture, ISO, compensation) et surtout, ces paramètres peuvent être modifiés pendant la vidéo ! La zone de focus peut également être déplacée pendant l’enregistrement. Les vidéastes apprécieront grandement.

Petit regret cependant, pour les vidéos à la volée : un petit lag d’environ une seconde intervient entre le moment où l’on appuie sur le bouton et le début de l’enregistrement. Autre inconvénient lié au mode vidéo : la lecture, qui suit la même (il)logique des autres NEX. Les vidéos sont enregistrées dans un dossier différent des images et qui dépend du format d’enregistrement. Il n’est donc pas possible de lire les vidéos à la suite des images directement dans le nex-7. Pire, il faudra sélectionner le dossier AVCHD OU le dossier MP4 pour lire les vidéos dans le format correspondant. Une aberration qui mérite d’être éradiquée au plus vite lors de la prochaine mise-à-jour firmware.

  • + Entièrement débrayable
  • + Nombreuses options d’enregistrement
  • + Mode créatifs effectifs
  • - Lecture peu pratique
  • - Lag au démarrage de l’enregistrement

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CONCLUSION
Avec une fiche technique et un buzz aussi impressionnants l’un que l’autre, le pari est-il tenu pour Le nex-7 ? Clairement, oui. Nous sommes en présence d’un appareil incroyable, qui réussi le pari d’intégrer un grand capteur, un viseur et un flash dans un boitier compact, léger et particulièrement bien construit. L’ergonomie du boitier, originale, se montre très bien pensée et très efficace avec le temps, ce qui compense des menus qui manquent souvent de clarté.

Le NEX 7 se pose à l’heure actuelle comme la rolls incontestée des hybrides et clairement l’un des appareils photos les plus performants du marché, toutes catégories confondues. Il augure surtout l’avenir de la gamme NEX, qui risque de se montrer toujours plus intéressante, surtout dans quelques mois, lorsque la technologie du NEX 7 sera dérivée dans des boitiers plus abordables… Et que surtout, la gamme optique dédiée, gros talon d’achille de NEX, sera enfin etoffée.

Sony ne propose en effet que 7 objectifs, dont 4 focales fixes (Zeiss 24mm f/1.8, 30mm f/3.5 et 50mm f/1.8) et seulement un pancake, (16mm f/2.8). Cette offre rachitique plombe l’avantage que les nex possèdent sur la concurrence. Les constructeurs tiers (Sigma et Tamron) n’aident pas encore vraiment, en ajoutant 3 objectifs, redondants avec ceux déjà proposés par Sony. En comparaison, 30 objectifs sont disponibles dans la gamme micro4/3 (dont 3 pancakes).

Il existe évidemment pléthore de bagues d’adaptations pour toutes les montures pour lesquelles le focus peaking sera d’ailleurs une aide indispensable. Toutefois, il ne faut pas s’attendre à des miracles puisque la distance de tirage sur les reflex est bien plus grande que sur les hybrides. Seul véritable espoir, le fait que Samsung propose 3 pancakes (16mm f/2.4; 20mm f/2.8 et 30mm f/2.0) en monture NX pour ses hybrides montre que la chose est possible. Reste à voir si Sony viendra bien compléter sa gamme d’objectif en 2012. Il convient donc de bien garder en tête ce manque actuel lorsque l’on s’apprête à investir plus de 1000€ dans un boitier

En attendant, si vous avez les moyens et l’envie, foncez tête baissée : en faisant tâche dans un marché photo un peu ronronnant ces derniers mois, le NEX 7 est tout simplement l’appareil le plus impressionnant qu’il nous ait été donné de voir depuis bien longtemps. Quel plaisir !

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+ L’annonce du nex-7
+ La page wiki du nex-7
+ Notre forum dédié au Sony NEX 7

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