La photo la plus recherchée du jour par les médias traditionnels provient d’Instagram. Une étrange chasse, pour un triste évènement, qui se négocie dans les commentaires même… Explications.

photo : Ryan Stryin (floutée par nos soins)

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Il y a quelques heures, un nouveau drame par les armes s’est produit, à New York cette fois-ci. Alors que l’enquête avance et que deux personnes (une victime, le présumé meurtrier) sont mortes, les médias font la chasse à l’image “sur le vif”. Quit à parfois donner dans l’impudeur.

Ryan Pitcheralle passait à proximité de l’Empire State Building, lorsque, comme tous les passants sur place, il entendit plusieurs coups de feu retentir. Le New York Times relate ce que l’on sait de cet acte de folie, qui a eu lieu en plein coeur de la Grande Pomme, a fait 8 blessés et au moins deux morts, dont le tueur.

Il se trouve que Ryan a photographié l’un des corps et posté la chose sur son flux Instagram (attention, image sensible). On pourrait longtemps débattre sur son geste, symptomatique de notre époque. Entre “journaliste citoyen” et “voyeur obsédé par les likes“, nous vous laissons choisir.

Ce qui est plus inédit, ce sont les commentaires : au milieu des commentaires horrifiés, beaucoup d’agences presse et de médias ont littéralement réclamé les droits de diffusion et d’exploitation de la photo de Ryan dans cette zone du réseau social. C’est l’une des premières fois que ce genre d’approches et de négociations se font autant dans une zone “publique”. Et cette habitude risque de s’accentuer.

Car après le crash de l’Hudson River relayé via Twitter/Twitpic, les médias traditionnels se retrouvent largués, mais surtout sur les dent pour trouver le plus vite possible une image de l’évènement qu’ils doivent couvrir. Il n’est donc pas étonnant d’imaginer des journalistes partir en urgence sur le net pour dégoter la bonne image, le tout à coups de tags et de géolocalisation. Cela tombe bien, Instagram vient de s’y mettre.

photo : Janis Krums

Alors que les utilisateurs de Twitter en France s’interrogent aujourd’hui sur le manque de respect à chercher le bon mot sur la mort d’un célèbre animateur télé, il y a quelque de plus justifié, mais encore plus triste à voir des journalistes quémander des images en pleine période de deuil et de choc, sachant que ces dernières sont désormais publiées et publiques en quasi-temps réel.

Les outils accélèrent, l’actualité n’attend jamais.

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