Les apparences, vous le savez, sont (trop) souvent trompeuses en photographie. Retouches numériques, effet d’optique, jeu de lumières, on se surprend à devenir de plus en plus sceptique et attentif avec le temps. Et pourtant, même le directeur de l’agence Magnum peut se faire avoir par les négatifs fournis par ses photographes, comme ici avec le célèbre portrait du Che.

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Derrière ce qui semble être, à première vue, un ensemble de photos prises sur le fait de Che Guevara se cache une planche composée de plusieurs négatifs capturés par trois appareils utilisant différents objectifs. Un tour de passe-passe que révèle une étude plus minutieuse des planches-contact de René Burri, photographe dans la célèbre agence Magnum Photos, passé à l’époque sous le radar de Henri Cartier-Bresson.

Alors que Henri Cartier-Bresson – rappelons le, fondateur de l’agence Magnum et pionnier dans le domaine du photojournalisme – doit se contenter de photos du Che prises lors d’une conférence de presse, René Burri réussit à accompagner Laura Bergquist, reporter au magazine Look, pour une entrevue exclusive en octobre 1962, juste après la crise des missiles cubains.

Une chance pour le photographe français qui profite d’un vif débat entre la reporter et le numéro deux du pays pour se balader à sa guise dans la pièce et capturer de nombreuses photos du Che sous tous ses angles. Ce dernier bsorbé par la discussion, et du coup, ignorant totalement le photographe.

Un joli souvenir de son meilleur cliché que René Burri rapporta au Guardian.

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+ René Burri

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