Annoncé il y a à peine 3 mois, nous testons le Samsung Galaxy Camera, hybride tablette/appareil photo. A mi-chemin entre un Galaxy S3 et un compact, le Galaxy Camera semble prendre le meilleur des deux mondes, mais le mix est-il réussi ? Notre avis dans la suite de l’article.

…………………………

Le pitch

Si la marque Samsung a su imposer sa notoriété dans la plupart des secteurs où elle est présente, elle n’est généralement pas associée à la photographie : le géant coréen vend raisonnablement des compacts, mais lutte partout ailleurs. En revanche, il est fortement lié à l’innovation autour de la téléphonie mobile et les tablettes. Avec le Galaxy Camera, Samsung propose un produit atypique qui se dénote de tout ce qui a pu être vu jusqu’à présent, le Nikon S800c mis à part. Appareil photo, tablette; faut-il éviter ou encourager ces mélanges ?

…………………………

Sur le papier

Grand écran HD (1280x720p) de 4,8″ de diagonale, processeur quad-core de 1.4GHz et 8Go de mémoire interne, Android 4.1.1… Le Samsung Galaxy Camera est bien le portage du flagship smartphone de la marque, le Galaxy S3, dont on aurait changé la partie photo.

La partie photo inclut elle un capteur 1/2.3″ de diagonale de 16 Mpx, couplé à un zoom 21x (4.1 ~ 86.1mm Equivalent 35mm : 23 ~ 483mm) qui ouvre de f/2.8 à f/5.9 et se dote d’un flash digne de ce nom. Il s’agit donc bien d’un appareil photo, le WB850 de la marque, pour être plus précis.

Pour autant, n’allez pas croire que ce soit un compact : avec 13 cm de haut, 2 cm d’épaisseur, le Galaxy camera tient plus de la Game Boy (la brique) et joue dans la catégorie poids lourd, avec ses 300 grammes.

…………………………

Prise en main

Si le Galaxy Camera tiendra difficilement dans la poche (jeans slims, passez carrément votre chemin), il tient bien dans la main, que ce soit en mode portrait ou en mode paysage. Le grip assure une bonne préhension grâce à sa forme prononcée et la texture du revêtement plastique qui la couvre. La poignée intègre également la sortie jack de l’appareil ainsi que le port microUSB pour l’alimentation et le transfert de fichiers.

A l’arrière, le pouce manque un peu de place pour ne pas toucher l’écran. En revanche, le déclencheur et la commande de zoom (et accessoirement… de volume sous Android) tombent bien sous l’index.

De l’autre côté, on retrouve le bouton de déploiement du flash, ainsi que le micro. Ainsi placé, il n’est pas couvert par la main et permet une bonne capture du son.

Dessous, on retrouve la trappe qui permet d’accèder à la batterie (1650 mAh), la carte microSD ainsi que la carte microSIM. Comme toute bonne tablette, il est possible de connecter le Galaxy Camera en 3G (ou 4G selon le modèle). A noter également la présence, d’un pas de vis pour les trépieds, autre détails qui manque aux smartphones.

L’écran se montre bien sûr très agréable à l’utilisation, notamment grâce à sa définition élevée (308 ppi). Il est entouré d’un cadre en métal bleu foncé pour un design plutôt réussi. L’adn du smartphone est ici claire et bien en avance sur les écrans classiques d’appareils photo.

La première mise sous tension peut prendre jusqu’à une vingtaine de secondes. Lorsque l’appareil est en veille prolongée comptez à 4-5 secondes le temps de déployer l’objectif et uniquement 1-2 secondes en veille. Incomparable à un reflex, cela reste du même ordre de grandeur d’un compact (légèrement au-dessus en veille prolongée). Mais aussi plus lent que les derniers smartphones possédant un raccourci photo logiciel ou matériel.

Pourquoi Samsung n’a pas proposé un déclenchement rapide via un raccourci ? C’est plutôt regrettable.

…………………………

La photo/vidéo

La fonction appareil photo est bien réussie et ravira tant les débutants avec le mode auto et “smarts” que les plus aguerris avec un mode PASM. Mode Nuit, longue pose, chute d’eau, contre jour; les modes smarts sont complets et explicites.

En mode expert, une interface simple et clair vous permettra de régler l’ISO, la vitesse, l’ouverture ainsi que la compensation d’exposition. L’impact des réglages se verra instantanément sur l’écran permettant aux néophytes d’appréhender ces réglages.

L’appareil supporte jusqu’à 3200 ISO. Les images obtenues à ces valeurs sont correctes. De manière surprenante pour un capteur de cette résolution, le bruit n’est pas trop présent. En revanche on perd beaucoup de détails et de texture. Bien évidemment, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un compact et pas d’un hybride et encore moins d’un reflex. Et devant les meilleurs smartphones.

Photo prise à 3200 ISO en lumière naturelle

Nous avons beaucoup apprécié le mode “nuit” qui permet de réaliser ses photos de nuit à main levée et sans flou de bougé. Le mode panoramique est à la hauteur de ce qui se fait désormais sur les appareils photo classiques. Point très intéressant, l’interface tactile permet un “touch-to-focus” particulièrement efficace.

Un mode Macro performant

Nous sommes plus mitigés sur le mode “light trace” : impossible de produire une photo correcte sans trépied. Autre déception : certains réglages, comme la balance des blancs qui se trouve dans des sous-menus ne sont pas très accessibles. Enfin, les effets intégrés (noir et blanc, sépia, …) sont très limités par rapport aux applications disponibles sur nos smartphones, mais nous en reparlerons plus tard.

Notes sur le mode vidéo : Le Galaxy Camera permet de filmer en FullHD à 30 img/s et en HD 720p à 60 et 30 img/s ou encore en slowmotion à 120 img/s (768×512), de quoi s’amuser un peu !

 

…………………………

Un appareil connecté

Le Samsung Galaxy Camera n’est pas qu’un appareil photo (vous l’aurez compris), c’est aussi une tablette, ou plutôt une mini-tablette. La version testée intègre android Jelly Bean 4.1.1 avec un accès à Google play, le magasin d’applications d’Android. Il est donc très facile d’accéder à ses applications favorites que ce soit par la data (3G/4G) ou le WiFi.

Instagram, Snapseed, Facebook, Twitter, et bien d’autres applications sont disponibles et vous permettront de modifier et partager facilement vos photos sur les réseaux sociaux. Ces applications tierces seront d’ailleurs les bienvenues pour compléter celles déjà présentes dans le téléphone. L’écran 4,8″ est un plus pour prévisualiser ses photos dont, point important, les 16Mpx ne feront pas peur au processeur quad-core. Par exemple, le rendu en FullHD d’un timelapse de 20 minutes (réalisé avec LapseIt) ne prend que quelques minutes.

 

La connectivité permet également de relier son appareil à différents services de backup comme celui de Samsung ou DropBox. Côté photos, il est aussi possible de les uploader automatiquement vers Google+ et Facebook. Plus de craintes de formater sa carte mémoire sans avoir de sauvegarde, c’est un vrai plus.

…………………………

Conclusion

Entre tablette/smartphone et appareil photo, le Samsung Galaxy Camera se positionne sur un marché quasi vierge, mais également mal défini : on se demande encore si les smartphones doivent se perfectionner en photo, ou si les appareils photo doivent devenir toujours plus connectés et intelligents. Le Galaxy Camera ne fait pour le moment aucun choix clair et additionne deux appareils.

Face à son concurrent direct le Nikon S800c, la smartcamera coréenne propose de lourds arguments : grand écran HD, zoom plus puissant, objectif plus lumineux, processeur plus rapide, 3G/4G. Il ne reste au japonais qu’un tarif entrée de gamme plus abordable (300€ environ). En effet, à près de 450€, le Samsung Galaxy Camera se positionne au niveau des compacts hauts de gamme et des hybrides/reflex entrée de gamme.

Dans la bataille des appareils photos compacts, la taille et le poids du Galaxy Camera deviennent de vraies faiblesses. Et face aux hybrides/reflex entrée de gamme, c’est la qualité des images qui fera défaut. Reste encore la connectivité, dernière ligne de défense, mise à mal par les tablettes et les smartphones.

Difficile de savoir quels utilisateurs sont ciblés par le Samsung Galaxy Camera : drogués d’instagram en mal de zoom et de megapixel ou au contraire le touriste photographe qui veut rester connecter ? Quoiqu’il en soit, Samsung, mal reconnu en photo, développe une stratégie originale : s’appuyer sur une technologie mobile qu’il domine pour lui apporter crédibilité et visibilité dans le marché de la photo.

Plus subjectivement, nous avons été enthousiasmés par cet appareil “hybride”. La qualité des images (dans sa gamme), la finition et l’ergonomie répondent présents. Le produit est très cohérent et sans compromis, c’est son marché futur qui reste encore un peu flou. Nul doute que ce dernier va se démocratiser et qu’il sortira quelque chose de bien de cette convergence des technologies. Nous avons hâte de voir les solutions de chez Sony – voire chez Apple ?

…………………………

A retenir

+ La connectivité (WiFi + 3G/4G)
+ L’accès aux applications tierces
+ Le mode Manuel en photo

- Encombrement et poids conséquents
- Autonomie limite
- Vitesse de démarrage d’un compact
- Tarif élevé pour un “compact”