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Henri Cartier-Bresson & Martin Parr : une réconciliation ?

L’exposition Réconciliation à la Fondation Henri Cartier-Bresson met en perspective le travail de Cartier-Bresson et celui de Martin Parr, en mettant peut-être fin au mythe les voulant opposés dans leurs démarches photographiques. A visiter jusqu’au 12 février. (Photo d’ouverture : Martin Parr, Blackpool, 1993 © Martin Parr / Magnum Photos)

Selon les mots de Martin Parr, tout oppose son travail à celui d’Henri Cartier-Bresson. Lorsque le photographe britannique tente d’intégrer l’agence Magnum en 1989, cela soulève un tollé et l’indignation d’Henri Cartier-Bresson, qui estime que leur approche photographique appartient « à deux systèmes solaires différents ». Martin Parr s’était déjà fait une réputation, avec ses photographies sulfureuses de la classe moyenne du Nord de l’Angleterre. Seulement une discussion entre les deux et une résolution amicale a permis finalement de calmer l’ego de Cartier-Bresson, sans doute peu enclin à voir émerger des approches nouvelles et avant-gardistes de la photographie de rue.

Henri Cartier-Bresson, Liverpool, octobre 1962 (© Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos)

Martin Parr intègre finalement Magnum en 1994. Les différences entre les deux photographes, qui à bien des égards ne sont pas tellement évidentes, sont justement nuancées par la découverte en 2021, à la Cinémathèque française d’un film réalisé au banc-titre, avec les photographies d’Henri Cartier-Bresson, par Douglas Hickox en 1962 pour la télévision britannique ITV/ ABC. Dans Stop laughing – This is England (Cessez de rire, voici l’Angleterre), Cartier-Bresson y fait un portrait amusé des Anglais au travail et lors de leurs loisirs dans le Nord industriel du pays. Les photographies de Cartier-Bresson, qui tant avait décrié Martin Parr, affichent pourtant des ressemblances troublantes avec l’œuvre du photographe britannique qui, 24 ans plus tard, publiera The Last Resort.

L’exposition Réconciliation présente ce film ainsi que les tirages originaux d’Henri Cartier-Bresson qui en sont la matière première ; l’ouvrage The Last Resort de Martin Parr et une commande plus récente (2009/2010), Black Country Stories, passée à ce dernier pour retourner sur ses propres traces dans le Nord de l’Angleterre photographier… les Anglais au travail et lors de leurs loisirs. Trois époques, deux regards pour décrire une même société et son évolution (1962, 1986, 2010). Comme l’a dit Henri Cartier-Bresson : « Il n’est pas plus exotique que l’Angleterre ».

Martin Parr, Hair salon, Wolverhampton, 2012 (© Martin Parr / Magnum Photos)

L’exposition est accompagnée d’un ouvrage, Les Anglais, publié par delpire&co dans la collection où sont également parus Les Américains de Robert Frank, Les Allemands de René Burri et Les Italiens de Bruno Barbey.

Le livre est conçu recto verso. Côté face : cinquante photographies en noir et blanc d’Henri Cartier-Bresson, commandées pour le documentaire Stop laughing – This is England, sont présentées pour la première fois dans cet ouvrage. Côté pile : cinquante photographies en couleur de Martin Parr, issues principalement de la commande Black Country Stories (2009/2010), leur font écho. Au centre du livre, face à face, le fax d’Henri Cartier-Bresson qui reconnait avoir eu un jugement et la réponse de Martin Parr.

François Hébel, directeur de la Fondation Henri Cartier-Bresson, revient dans un texte inédit sur cette « réconciliation » permise par l’image, et sur ces trois époques vues à travers deux regards pointant, toujours avec humour, l’évolution des moeurs anglaises.

Source : henricartierbresson.org


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Il y a 2 mois et 1 semaine

Hi
This book contain the exhibition Reconciliation presented at the Foundation Henri Cartier – Bresson from November 8, 2022 to February 12, 2023.

https://www.my-accountaccess.com/

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