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Victorine Alisse et JS Saia : lauréats du 2ème Prix Caritas Photo Sociale

Le jury de la 2ème édition du Prix Caritas Photo Sociale a désigné comme lauréats Victorine Alisse et JS Saia, co-auteurs de la série « Au grand air ». (Photo d’ouverture : © Alisse Victorine)

“J’ai voulu que tu imagines par toi-même ce que j’ai pu vivre à certains endroits. J’ai tenté de te faire comprendre ce que signifie être à la place de”, explique JS, qui vit en autonomie en plein bois de Vincennes, à Alisse Victorine, photographe professionnelle. Ensemble, les deux viennent de remporter le 2ème Prix Caritas Photo Sociale. Victorine Alisse et JS Saia se sont rencontrés autour d’un café grâce à l’association La Cloche dédiée à la création de lien social et au changement de regard sur la vie à la rue. De cette rencontre est née l’envie de créer un projet à deux. Victorine commence par suivre JS dans les lieux qui font partie de son histoire : du parc de Bercy à Paris, où il est arrivé en 2015, au bois de Vincennes où il vit depuis.

© Alisse Victorine

Vivant à la rue, JS avait pour souci que la série ne véhicule pas des clichés sur son mode de vie. Il a ainsi voulu conduire Alisse par des chemins autres, en ponctuant les clichés polaroïds par des notes, forme de dialogue entre la photographe et son guide. Les deux se partagent l’appareil photo : “Ce projet m’a permis d’exprimer ma colère ”, raconte JS. On découvre alors dans certaines de ces photographies, une nature quasi omniprésente, une forme de douceur qui contraste avec certains des écrits de JS, poignants, émouvants, remplis d’une juste indignation. « C’est un cri, un « au secours » pour toutes les personnes qui vivent la solitude, l’isolement et la lenteur des démarches administratives ”, exprime-t-il.

À travers cette série, on ne s’attarde volontairement pas sur les détails de la vie de JS pour se concentrer sur la rencontre de deux perceptions issues de deux modes de vie différents. Chaque prise de vue est suivie d’un échange sans tabou, plus intime et naturel autour de leurs photographies. Celles-ci deviennent un moyen de communiquer en soi, plus direct, plus personnel, sans artifices. “Au grand air” devient une discussion photographique qui n’essaie pas de parler du “monde de la rue”, mais plutôt d’en faire découvrir une facette autre, celle des émotions et de la poésie, qui n’empêche pas la solitude et l’isolement. “ On est tranquille ici, il y a une vraie vie dans le bois ”, conclut JS.

© Alisse Victorine

Outre les deux gagnants, le Prix a aussi mis en avant le travail des deux finalistes, Sinawi Medine et Thomas Morel-Fort.
Sinawi Medine avec « Le jour où je suis arrivée en France » témoigne des dangers des parcours migratoires lors de traversées en montagne à la frontière franco-italienne. Quant à Thomas Morel-Fort avec sa série « Donna, une vie de sacrifices Philippine », réalisées en France et aux Philippines, suit la trajectoires des femmes philippines émigrées dans l’hexagone. Les photos documentent le « prix » à payer de l’exil.

Depuis deux ans, le Prix Caritas veut valoriser le travail des photographes qui donnent de la visibilité à la pauvreté, à la précarité et à l’exclusion en France. En soutenant de nouveaux regards et une diversité d’écritures photographiques, le prix souhaite également agir sur la prise de conscience du public.

Source : Prix Caritas Photo Sociale

 


 

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