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De Palmyre à Glanum : sur les pas de Michel Eisenlohr

En 2002, Michel Eisenlohr a réalisé un travail photographique à Palmyre, Damas et Alep. Depuis, les destructions du patrimoine archéologique syrien se sont généralisées. Le Centre des monuments nationaux (CMN) présentera ce projet à partir du 17 juin 2017 au cœur du site archéologique de Glanum et de l’Hôtel de Sade. C’est à l’occasion de l’exposition « De Palmyre à Glanum » que nous avons échangé quelques mots avec Michel Eisenlohr. Entretien.(Photo d’ouverture : © Michel Eisenlohr)
Quand et comment êtes-vous devenu photographe ?

Mon envie de photographie est née de plusieurs voyages, réalisés notamment en Afrique de l’ouest, entre la Mauritanie, le Mali et le Burkina Faso alors que j’avais une vingtaine d’années. J’étais alors étudiant en Lettres Modernes à Aix-en-Provence et je me destinais plutôt à la transmission de la littérature. Depuis enfant, je suis en effet sensible aux récits de voyages, aussi bien Jules Verne que Marcel Griaule ou Théodore Monod. J’aime cet appel vers l’ailleurs et la découverte des autres. C’est donc naturellement en voyage que je fis mes premières images.

Quelle est votre approche photographique ?

De formation littéraire et imprégné par le rythme des mots, je dirai que j’ai plutôt une photographie poétique, littéraire, qui d’une certaine manière propose un récit. J’ai plutôt tendance à m’effacer derrière cette narration, à devenir un témoin discret, notamment lorsqu’il s’agit de capter un instant volé ou la présence d’une émotion. Je me laisse guider avant tout par la lumière, qu’elle souligne les contrastes ou au contraire révèle une atmosphère nocturne. Cette approche rejoint sans doute la thématique de ma Maîtrise qui portait sur le Soufisme, spiritualité dans laquelle la Lumière a une importance particulière.

Quelle est la place de l’histoire et de la littérature dans votre pratique photographique ?

Quelque soit le point de départ, voyage, reportage et littérature sont toujours mêlés. La lecture d’un ouvrage peut être déclencheur d’une curiosité à aller voir. Inversement, j’aime pouvoir découvrir la vision d’écrivains, romanciers, historiens sur un thème ou un territoire que je vais arpenter. Je passe donc des récits de Nerval en Orient, des mythes de la Grêce antique, aux romans de Laurent Gaudet sur la Première Guerre mondiale et aux derniers polars islandais de Ragnar Jonasson.

Vous êtes passionné de littérature du voyage, est-ce qu’un ouvrage en particulier a inspiré cette série ?

Lors de ce voyage, j’étais en plein dans mon mémoire de Maîtrise. J’avais choisi alors dans mes livres compagnons « Le dévoilement des effets du voyages » d’Ibn Arabi qui est l’un des grands penseurs et poètes de la spiritualité musulmane, mais également des classiques comme voyage en Orient de Gérard de Nerval.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous rendre en Syrie ? Quel est le propos de ce reportage ?

Le voyage en Syrie a été initié par l’invitation de Issa Touma, directeur du festival de Photographie d’Alep, de présenter mon premier reportage sur l’Afrique de l’Ouest. Plutôt que de prendre l’avion, j’ai préféré effectuer le trajet par la route depuis Marseille. C’est une manière de savourer le changement des paysages, de se mettre dans un autre état d’esprit, prêt à découvrir un nouveau monde. D’être en itinérance. Le reportage en Syrie n’était donc pas organisé et a plutôt suivi l’envie de découvrir différentes facettes du pays et de cette riche histoire qui me faisait rêver. D’abord Alep où avait lieu le festival, puis les Villes mortes antiques, la descente vers Hamah, Palmyre en plein désert et Damas.

Etait-ce votre premier voyage en Syrie ?

Oui, ce fût mon premier et pour l’instant unique voyage en Syrie. J’espère pouvoir y retourner et dans un pays apaisé tel que je l’ai connu.

Combien de temps êtes-vous resté à Palmyre ?

Je suis resté à Palmyre trois jours et ai dormi dans  le mythique et désuet hôtel Zenobia qui se situe directement en bordure du site archéologique. J’ai ainsi pu profiter de ce site à différentes lueurs du jour et surtout avec très peu de touristes ce qui lui donnait un charme majestueux et silencieux.

Vous avez choisi d’exposer votre travail au sein du site archéologique de Glanum, un lieu tout aussi symbolique que Palmyre, le choix du lieu d’exposition était-il essentiel ?

L’idée de cette exposition à Glanum, en regard des vestiges de la cité romaine, vient de Lionel Izac, administrateur du Centre des monuments nationaux. Il lui semblait pertinent de pouvoir faire dialoguer ces différents sites archéologiques, aux multiples résonances. J’ai trouvé l’idée exceptionnelle. C’est une manière encore différente de toucher les visiteurs, de leur faire vivre je l’espère un double voyage. C’est également l’occasion de pouvoir mettre en lumière la fragilité de notre patrimoine commun si l’homme ne s’en préoccupe pas.

Pouvez-vous nous expliquer votre parti pris pour le noir et blanc ?

Mes premières images prises entre 2002 et 2006, en Afrique, en Syrie, comme à Marseille, ont été réalisées en noir et blanc et en argentique. Je réalisais également mes tirages et agrandissements. C’était sans doute pour moi une manière de travailler davantage sur la lumière et ses contrastes, sans se laisser déranger par la couleur. Je travaille aussi bien en couleur que en noir et blanc selon les reportages.

Comment définiriez-vous ce travail en trois mots ?

Désert, orient et silence.

 


Né à la Ciotat en 1974, Michel Eleisenlohr est auteur photographe depuis une quinzaine d’années. L’itinéraire photographique de Michel Eisenlohr est le fruit d’une passion pour la littérature de voyage, d’un parcours universitaire sur les rites de l’Initiation, et de ce goût de l’autre qu’il renouvelle à chaque sujet, chaque destination.

Pour (re)découvrir le travail de Michel Eleisenlohrwww.micheleisenlohr.com


Infos pratiques

De Palmyre à Glanum 
Hotel de Sade
Rue du Parage
13 210  Saint-Rémy-de-Provence
Du 1er avril au 30 septembre – ouvert tous les jours de 9h30 à 18h
www.hotel-de-sade.fr

Et n’oubliez pas : l’Agenda de Lense !

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