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IBC 2026 : rencontre avec Donovan Davis, Product Education Manager chez DJI

Le salon IBC 2026 s’est tenu du 11 au 14 septembre à Amsterdam. DJI y a profité de l’occasion pour officialiser le lancement du DJI SDR Transmission 2, un nouveau système de transmission vidéo sans fil pensé pour les tournages professionnels. En marge de l’événement, nous avons pu échanger avec Donovan Davis, Product Education Manager chez DJI, sur son parcours et sur son rôle dans le développement des produits professionnels de la marque.

Le nouveau système de transmission DJI SDR Transmission 2

Le DJI SDR Transmission 2 repose sur une plateforme radio logicielle (SDR) mise à jour. Il permet une transmission vidéo en DCI 4K/60 im/s, 10 bits HDR, avec un débit binaire pouvant atteindre 50 Mbps et une latence annoncée de 35 ms. La portée maximale communiquée est de 4 km.

© Daniel Pascoal

Le boîtier principal adopte une conception émetteur-récepteur intégrée : chaque unité peut basculer d’un rôle à l’autre selon les besoins du plateau. Il pèse environ 136 g. Une carte d’extension optionnelle ajoute un port SDI, un port HDMI et quatre ports USB-C, avec passage des métadonnées SDI pour les caméras cinéma les plus courantes.

Un émetteur peut piloter jusqu’à huit récepteurs, chacun avec contrôle à distance. Pour les productions plus importantes, le système accepte jusqu’à cinq émetteurs et quarante récepteurs fonctionnant simultanément. La fonction Auto Channel 2.0 gère automatiquement l’allocation des fréquences pour limiter les interférences entre plusieurs groupes d’appareils sur un même plateau.

Le système est compatible avec les stabilisateurs DJI RS 5, RS 4, RS 4 Pro et RS 3 Pro, ainsi qu’avec le Ronin 2 et les Master Wheels, sur lesquels il peut être monté directement et alimenté sans batterie séparée (un câble de contrôle vendu à part est nécessaire). Il peut aussi fonctionner sur batteries NP-F ou via un chargeur USB-C compatible PD.

En France, le DJI SDR Transmission 2 est proposé à partir de 349 €, et le pack Combo à partir de 629 €. Les produits sont disponibles depuis le 17 septembre 2026.

Entretien avec Donovan Davis

Donovan Davis, Product Education Manager chez DJI. © Daniel Pascoal

Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous en êtes arrivé à votre poste actuel chez DJI ?

Je m’appelle Donovan Davis et je suis Product Education Manager chez DJI, basé à Los Angeles. Mon parcours est à la croisée de deux passions qui m’accompagnent depuis presque toujours : l’aviation et le cinéma.

Je me suis intéressé très jeune au vol et aux avions radiocommandés, bien avant que les drones grand public n’existent sous la forme que nous connaissons aujourd’hui. Professionnellement, je me suis orienté vers l’industrie cinématographique et j’ai occupé de nombreux postes dans la production : scénariste, réalisateur, producteur, directeur de la photographie, cadreur, chef machiniste et machiniste dolly.

Lorsque les drones ont commencé à devenir de véritables outils de production cinématographique, ces deux univers se sont rejoints pour moi. J’ai fondé l’une des premières sociétés de prises de vues aériennes professionnelles par drone à Hollywood et j’ai commencé à utiliser cette technologie sur des productions professionnelles. J’ai rejoint DJI en 2012 et, au fil du temps, mon rôle a évolué vers une collaboration de plus en plus étroite avec les équipes produit et R&D. Aujourd’hui, je contribue à faire le lien entre les personnes qui développent nos technologies et celles qui vont finalement les utiliser sur le terrain.

En quoi consiste concrètement votre travail chez DJI ?

Une grande partie de mon travail consiste à connaître nos produits suffisamment en profondeur pour pouvoir les évaluer du point de vue d’un véritable utilisateur, puis à aider les autres à comprendre comment en tirer le meilleur parti.

Cela comprend les bêta tests des produits, les retours aux équipes de développement, le travail sur la documentation technique et la création de contenus pédagogiques destinés notamment aux personnes qui peuvent être amenées à découvrir un produit avant même sa commercialisation, comme les premiers journalistes et testeurs.

Comme j’ai passé une grande partie de ma carrière à travailler professionnellement avec des caméras, des aéronefs, des drones et du matériel de production, je peux aborder un produit non seulement en me demandant si une fonction marche, mais aussi comment quelqu’un va réellement l’utiliser sur un tournage, sur le terrain ou sous pression.

Comment décririez-vous votre rôle entre les équipes de développement d’un côté et les utilisateurs finaux de l’autre ?

Je pense que le terme « traducteur » est probablement une bonne façon de le décrire.

Les ingénieurs réfléchissent naturellement de manière très approfondie au fonctionnement d’une technologie. Les utilisateurs, eux, pensent généralement à ce qu’ils veulent accomplir avec cette technologie. Mon rôle consiste à faire le lien entre ces deux perspectives.

Je peux prendre quelque chose de techniquement complexe et l’expliquer d’une manière qui ait du sens pour un cinéaste, un pilote ou un créateur. Dans l’autre sens, je peux partir des retours issus d’une utilisation réelle et expliquer pourquoi un comportement, un flux de travail ou une fonctionnalité particulière est important du point de vue de l’utilisateur.

C’est une distinction importante. Un produit peut fonctionner exactement comme il a été conçu tout en créant des difficultés dans un environnement de production réel. Une partie de mon travail consiste précisément à identifier ce type de situation.

À quoi ressemble une journée type pour vous ?

Il n’y a pas vraiment de journée type, et c’est justement l’un des aspects que j’apprécie dans ce métier.

Selon l’étape à laquelle nous nous trouvons dans le cycle d’un produit, je peux passer une partie de la journée à tester du matériel ou des logiciels en version bêta, à documenter ce que j’observe et à communiquer avec les équipes concernées. Un autre jour, je peux travailler sur de la documentation technique, préparer des contenus pédagogiques ou aider les premiers testeurs à comprendre un nouveau produit et ses capacités.

Et comme la gamme de produits DJI est très vaste, je peux travailler sur un drone un jour, puis sur un système caméra, un microphone, un stabilisateur ou une station d’énergie le lendemain. Cela oblige à apprendre en permanence.

À quel moment intervenez-vous dans le cycle de vie d’un produit : dès sa conception, ou lorsqu’un prototype existe déjà ?

Cela dépend du produit, mais je peux intervenir alors qu’il est encore en développement, bien avant que le public ne le découvre.

Dès que nous disposons de quelque chose que nous pouvons réellement évaluer, qu’il s’agisse de matériel, d’un logiciel, d’un prototype ou d’une version bêta, le processus devient très concret. C’est là que l’expérience pratique devient particulièrement utile, car on peut commencer à se demander non seulement si la technologie fonctionne, mais aussi si le flux de travail est adapté à l’environnement auquel elle est destinée.

Pour les produits d’imagerie professionnelle, par exemple, mon expérience sur les plateaux de tournage me permet de les examiner du point de vue d’une véritable équipe de production plutôt que simplement à travers une fiche technique.

Lorsque vous testez un produit, que cherchez-vous à évaluer en priorité ?

La première question que j’ai tendance à me poser est la suivante : est-ce que cela a du sens pour la personne qui va réellement utiliser ce produit ?

Évidemment, la fiabilité et les performances sont extrêmement importantes. Mais je m’intéresse également à l’ensemble de l’expérience : est-ce que les commandes sont intuitives ? Comprend-on rapidement ce que fait le produit ? Comment s’intègre-t-il dans un flux de travail existant ? Et que se passe-t-il lorsqu’on l’utilise dans des conditions réelles plutôt que dans un environnement contrôlé ?

Le cinéma m’a appris qu’un équipement doit fonctionner alors qu’une centaine d’autres choses se passent autour de vous. Vous pouvez disposer de très peu de temps, la lumière peut changer, toute une équipe peut attendre et vous n’avez parfois qu’une seule occasion de réussir le plan. C’est un test très différent du simple fait de vérifier si une fonction marche.

Que se passe-t-il lorsque vous identifiez un problème ou une amélioration possible ? Comment ces informations remontent-elles jusqu’aux équipes concernées ?

L’essentiel est de fournir un retour précis et reproductible.

Il est beaucoup plus utile de dire « dans telles conditions, j’ai effectué telles étapes et voici ce qui s’est produit » que de simplement dire que quelque chose ne semble pas fonctionner correctement. J’essaie donc de documenter le contexte, le flux de travail et le résultat aussi clairement que possible.

Ces informations peuvent ensuite être transmises aux équipes concernées pour être évaluées. Il peut exister une raison technique à un comportement particulier, il peut y avoir quelque chose à modifier, ou cela peut simplement révéler que nous devons mieux expliquer une fonctionnalité aux utilisateurs. Les tests ne servent pas uniquement à trouver des bugs. Ils permettent également d’identifier les situations où le fonctionnement du produit et les attentes de l’utilisateur ne se rejoignent pas tout à fait.

Pouvez-vous citer un ou plusieurs produits DJI sur lesquels vous avez directement travaillé et nous expliquer quelle a été concrètement votre contribution ?

Deux bons exemples sont le DJI Inspire 3 et le Ronin 4D.

DJI Inspire 3

Ces produits sont particulièrement proches de mon expérience professionnelle parce qu’ils sont conçus pour des environnements de production cinématographique exigeants. J’ai passé de nombreuses années sur des plateaux de tournage dans différentes fonctions et j’ai également travaillé professionnellement comme cadreur aérien par drone. Je peux donc examiner ces systèmes du point de vue de quelqu’un qui doit réellement les intégrer dans une production.

DJI Ronin 4D

Ma contribution a consisté à apporter cette expérience concrète du cinéma et de l’aviation au processus de développement produit, en testant le comportement des systèmes dans des conditions réelles, en identifiant les problématiques liées aux flux de travail et en fournissant des retours basés sur les réalités d’une production professionnelle.

DJI dispose d’un catalogue de produits très large, des drones aux stations d’énergie. Votre manière de travailler change-t-elle beaucoup en fonction du type de produit ?

Les fondamentaux changent moins qu’on pourrait le penser.

J’ai travaillé avec des équipes sur des produits allant des drones caméra et systèmes d’imagerie portables aux stabilisateurs, microphones, stations d’énergie et même aux aspirateurs robots. Évidemment, les usages et les aspects techniques peuvent être complètement différents. Il faut donc comprendre qui est l’utilisateur et quel problème ce produit particulier est censé résoudre.

Mais les questions fondamentales restent étonnamment similaires : est-ce intuitif ? Est-ce fiable ? Le produit se comporte-t-il comme l’utilisateur s’y attend ? Sommes-nous capables de l’expliquer clairement ? Et améliore-t-il réellement le travail ou l’expérience de l’utilisateur ?

Quels éléments de votre carrière avant DJI vous sont aujourd’hui les plus utiles dans ce rôle ?

Dans le cinéma, je n’ai pas passé toute ma carrière à exercer un seul métier. J’ai été réalisateur, producteur, directeur de la photographie, cadreur, chef machiniste et machiniste dolly, entre autres. J’ai travaillé sur de grandes productions de studios, des projets indépendants et des productions télévisées. Cela signifie que j’ai pu observer la manière dont le matériel affecte le travail de nombreuses personnes différentes sur un tournage.

L’aviation m’apporte une autre perspective. Je possède une certification de télépilote FAA Part 107 ainsi qu’une licence de pilote d’avion, et je m’intéresse aux avions radiocommandés depuis mon enfance. Lorsque j’évalue un drone, je pense donc simultanément à la caméra, à l’aéronef, au pilote, à l’opérateur et à la production.

J’ai également eu la chance de participer très tôt au développement de la prise de vues professionnelle par drone. J’ai été le premier cadreur aérien par drone à opérer sur le site des studios Warner Bros. et le premier à réaliser des prises de vues aériennes pour Marvel Studios à Atlanta.

DJI traverse actuellement une période particulière aux États-Unis sur le plan réglementaire. Pouvez-vous en parler et, si oui, comment vivez-vous cette situation de l’intérieur ?

Mon rôle est centré sur les produits, la formation et l’expérience utilisateur plutôt que sur les affaires réglementaires ou gouvernementales. Je préfère donc ne pas m’exprimer sur des sujets qui sortent de mon domaine de responsabilité ni spéculer sur des questions de politique publique.

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