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Face aux injustices, la photo sociale à Fictions Documentaires

Le festival de photographie sociale de Carcassonne Fictions Documentaires en est à sa sixième édition : du 15 novembre au 17 décembre, une programmation majoritairement féminine décrit le monde contemporain à travers une photographie engagée. Un événement organisé par le GRAPh, association d’éducation populaire. (Photo d’ouverture : © Annika Haas, Greenhouse Effect)

Avec Fictions Documentaires, le GRAPh s’inscrit dans un continuum d’engagement social et militant. Cette année, la programmation est presque entièrement féminine, car c’est le regard féminin qui a sans doute le plus de choses à apporter aux pratiques photographiques contemporaines. Ce corpus photographique et documentaire va bien au-delà de la simple image fixe pour s’essayer à des formats expérimentaux, comme dans l’installation Wonder Beirut ou dans le cinéma 35 mm avec le couple d’artistes libanais Joanna Hadjithomas et Khalil Joreige. Des ruines de guerre transformées en cartes postales jusqu’aux inquiétudes écologiques de la jeune génération, le festival veut couvrir toutes les thématiques et les champs idéologiques qui traversent notre société.

© Ymane Fakhir, L’épouse

La photographie documentaire contemporaine témoigne d’une attention croissante portée sur la personne. Approche qui va avec son temps, celui de l’individualisme libéral. On observera alors tout au long du festival une photographie sociale qui fait du modèle le sujet au cœur de l’image et du propos de l’artiste. A travers l’intimité de l’individu, à travers un vécu singulier, on lit les stigmas laissés par les mouvements de société. La tendance dans cette dialectique particulier/universel semble donc s’être inversée ; d’une figure humaine qui n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan de l’injustice sociale, on est passé à ce corps qui occupe l’espace de la photographie pour montrer, à une échelle absolument humaine, ce que c’est que d’exister aujourd’hui, souvent malgré les résistances que notre société nous oppose.

Avec The Greenhouse Effect, Annika Haas se penche sur l’écoanxiété contemporaine. Tiphaine Populu de La Forge accentue cette écoanxiété sur l’avenir de notre planète avec Solastalgia mêlant des ruines domestiques et des vues de l’Agence Spatiale Européenne. Les mythologies personnelles sont mises en fiction par l’artiste d’origine marocaine Ymane Fhakir qui utilise la vidéo en complément de la photo pour montrer l’espace intime au féminin où elle tente de préserver l’héritage dans La part du lion. Stéphanie Nelson donne de la jeunesse sénégalaise une image performative dans Personne n’éclaire la nuit, des
diptyques d’un gris sombre y opposent l’individu et le groupe. Marianne & Katarzyna
Wasowska, deux cousines polonaises, présentent des constellations d’images En
attendant la neige qui mêlent des documents historiques, anthropologiques, cartes,
images d’archives personnelles et leurs propres prises de vue pour témoigner de
l’aventure coloniale méconnue qui a vu la migration polonaise au Brésil et en Argentine.

© Tiphaine Populu de la Forge, Amplification arctique

Une diversité de propositions qui montre à quel point les langages photographiques sont partagés au sein d’une même époque et illustrent toute la force narrative et informative de la photographique documentaire, qui à travers un engagement militant met en exergue les préoccupations contemporaines inscrites dans des communautés ou partagées de façon plus universelle.

Fictions Documentaires se déroulera du 15 novembre au 17 décembre à Carcassonne.

Source : graph-cmi.org


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