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La photo argentique : formats et boitiers (2/3)

2e partie de notre série sur la photo argentique! (Pour ceux qui prennent en cours de route, le premier article est )
Comme il existe une multitude de formats de films (et de boitiers permettant de les exploiter), on va essayer de s’y retrouver en expliquant les avantages et inconvénients de chacun …

formats

Sur cette image, deux appareils complètement différents : un appareil moyen format et un appareil « espion » utilisant des microfilms. (Heureusement, il existe un format intermédiaire et très populaire dont on va parler un peu plus loin dans cet article)

Ces deux types d’appareils ne prennent pas du tout le même type de photo, l’appareil moyen format produit des négatifs de grande taille, qui possèdent beaucoup de détails et permettent donc de faire des agrandissements très très confortables, tandis que le « Minox » à droite est avant tout très compact, mais permet de sortir des images sur papier de 10x15cm maximum .

En photo,  quand on gagne d’un coté, on perds toujours d’un autre. Ici il faut juste retenir que plus le format est grand, plus la qualité d’image (grâce à sa densité) du film est élevée, mais plus l’appareil est volumineux évidemment.
La taille du négatif et de l’objectif associé joue aussi sur la profondeur de champs, mais c’est un autre sujet.

On peut classer en simplifiant largement les formats d’appareils dans 3 familles :
– Micro formats (110, 127, …)
– Plein formats (135)
– Moyens et grands formats (120 et +)

…………

Les micro formats


C’est un format dont on parle rarement, il était relativement répandus à l’époque de nos parents et grands parents, mais il n’a pas survécu à la popularité du format 135. Il existe plusieurs micro formats et il est assez difficile d’identifier les compatibilités entre les appareils et leurs pellicules. En cherchant un peu on arrive à trouver quelles pellicules sont compatibles avec quels appareils, n’hésitez pas à demander de l’aide dans les commentaires.

Le Minox est un grand classique des micro appareils et leur grand avantage était surtout leur faible taille : on pouvait facilement les glisser dans sa poche ou les dissimuler sur soi (ils ont réellement été utilisés comme appareils d’espionnage, et pas seulement dans les films de James Bond. J’ai même lu qu’ils avaient longtemps été interdits dans certains pays).
Grace à la faible taille du négatif, la profondeur de champs est très grande (comme sur un compact numérique!) et permet, dès qu’il y a assez de lumière, de quasiment se passer de mise au point. En effet, sur le minox B il y a une position pour laquelle tous les plans sont nets entre 2m et l’infini, c’est très pratique pour les photos de groupes et de vacances. En comparaison l’image sur le négatif des minox représente 1/4 d’une vue 24×36 (pellicule standard).

J’ai cherché récemment des films pour le Minox, mais les 10€ hors frais de port m’ont refroidis. Pour ceux que ça intéresse, il existe de nombreux bricolage ou outils commerciaux qui permettent de couper à l’abri de la lumière les films 135 en 2 bandes de 110. Il faudra ensuite trouver un labo qui vous développera les films pour un prix raisonnable (bonne chance 😉 ou le faire vous même, ce qu’on vous expliquera dans la dernière partie de ce dossier « argentique ».

…………

Le plein format

Le fameux « Full Frame » en anglais a été considéré comme le Graal dans le monde du numérique lorsque les boitiers haut de gamme de Canon, Nikon et Sony ont enfin été équipés de capteurs plein format (alors que c’est d’un banal aujourd’hui !).

Ce format existe depuis bien longtemps en argentique, et certains n’hésitaient pas lors la sortie des premier boitiers numériques full frame (et full price 😉 à faire remarquer qu’en shootant avec une bonne pellicule, en scannant et en post-traitant, on obtenait de très bons résultats sans avoir besoin d’un investissement énorme.

On ne va pas relancer le debat APS-C vs fullframe, mais juste vous rappeler que si vous cherchez du plein format à tout prix, pour la qualité du rendu à faible profondeur de champs par exemple, il ne faut pas hésiter à essayer le 35mm en argentique, qui ensuite vous donnera probablement envie de tester le moyen format.

Un autre intérêt est de pouvoir utiliser ses vieilles optiques à leur focale réelle, c’est particulièrement intéressant si vous possédez un bon grand angle ancien qui ne brillait pas trop sur petit capteur. Par exemple, j’ai pu réutiliser avec un plaisir immense mon 15mm Nikon FF que j’avais acheté à la base pour du numérique APS-C et qui est fantastique avec de la bonne pellicule (et sur un boitier numérique FF aussi !;)

En passant, il y a une certaine confusion autour du terme « plein format » : le plein format désigne en fait un format d’image non recadré, en comparaison avec le format recadré des optiques et appareils APS par exemple, qui ne prennent en compte que le centre de ce que serait un plein format. Je vous renvoi vers l’article « Taille ton capteur » pour vous rafraichir la mémoire.
Pour simplifier, il vaut mieux parler de format 135, qui désigne une pellicule de 35mm de large.

Les appareil argentiques « 24×36 », qui utilisent des films mesurant 35mm de large, forment sur le négatif des images qui font 24mm x 36mm (24mm de haut+ les perforations=35mm). Les films pouvant en général contenir jusqu’a 40 vues.
Pour l’histoire, le 35mm est une idée française (!!) : en 1909, Etienne Mollier a l’idée d’utiliser le film cinématographique 35 mm dans un appareil photographique qu’il appelle le Cent-Vues, un appareil « de poche » qui prends d’affilée cent vues de 18x24 mm (en mode portrait).

C’est Oskar Barnack qui reste dans les mémoires, alors qu’il construisit en 1913 le premier prototype du Leica. Commercialisé à partir de 1925, il fut le premier des appareils utilisant le format 24 x 36 mm, qui reste encore aujourd’hui le format le plus populaire !

Un des 2 derniers exemplaires de Leica « 0 » (1905)

Un Leica M6 de 1984

Le format 24×36 est un très bon compromis entre le micro et moyen format et en possède des qualités, sans faire trop de concessions…

…………

Le moyen format


La majorité des appareils moyen formats utilisent des films mesurant 6cm de large, il s’agit du format 120 quand la pellicule possède un papier de protection opaque et du format 220 lorsque les bobines ne contiennent que la pellicule. Attention à ne pas vous tromper lors de votre achat, certains appareils ne sont vraiment pas faits pour accepter du 220.
Le format 120 permet de prendre 12 vues de 6x6cm. Il y a de nombreuses déclinaisons des tailles d’ images qu’on peut enregistrer sur un film 120. Cela va du 645 (les images font 6cm par 4,5cm, soit un ratio 4:3….) au panoramique 6×12 en passant par le 6×9 (le ratio 3:2)  et le 6×6 (le format carré !) .

Cette flexibilité est très pratique et permet d’adapter le format ou ratio de l’image pour différents types de prise de vue (portraits, panorama, …).

Les modèles d’appareils moyen format sont nombreux et on en trouve pour tous les budget. Du toy camera (diana, holga, …) au reflex pro (Hasselblad, Mamiya, Bronica, Pentax, …) en passant par les bi-objectifs/TLR (Rolleiflex, Mamiya, Yashica, …), il y a vraiment de quoi s’initier et se faire plaisir sans vider son compte en banque.

Ces appareils délivrent en général des images contenant beaucoup de détails, et leurs négatifs permettent d’exploiter au mieux la qualité des optiques fantastiques qu’on peut monter dessus. La profondeur de champs est aussi très différente et permet de détacher les sujets des arrières plans bien mieux qu’avec les appareils au format 135.

Si le moyen format ne vous suffit pas, la prochaine étape est le grand format. Et là il vaut mieux avoir les épaules solides, ou un assistant baraqué :

Dans les appareils grands formats, ce ne sont plus des films en bobine qu’on utilise, mais directement des « plans films », qui sont des feuilles transparentes recouvertes de matière photosensible. Ces feuilles sont fixés sur des cadres qui viennent s’enficher à l’arrière de la chambre photographique.

Vue la taille des supports, on ne peut pas emporter avec soi de quoi réaliser plus de 5 à 10 clichés. Il vaut donc mieux avoir bien planifié et réfléchi sa photo, vérifié la météo, soigner sa mise au point et son exposition tout en manuel qui sont rendus un peu plus complexes par le tirage énorme entre l’optique et le plan film, …

C’est vraiment une autre approche de la photo dans laquelle la préparation et la réflexion est primordiale (mais c’est vrai avec la photo argentique en général). .

…………

Caractéristiques de la pellicule (vs numérique : Fight !)

Avant de conclure, un petit rappel sur les caractéristiques des films :

  • Sensibilité : Comme en photo numérique ou on retrouve du « bruit », en argentique la montée en sensibilité se fait aussi au détriment de la qualité d’image.
    Concrètement, plus un film sera sensible et plus ses grains seront gros pour « attraper » la lumière. Au développement, cela se manifeste par une image un peu moins « propre » que pour du numérique mais cela a aussi évidemment son charme.
    Il existe des pellicules couleur qui montent jusqu’à 3200 isos, la Fuji natura par exemple donnent d’assez bons résultats.
    En noir et blanc, on trouve chez Kodak, Ilford et Fuji des films sensibles (3200 et plus) au caractère très affirmé.
    On en parlera au prochain et dernier chapitre de ce dossier, mais il est possible de « pousser » la sensibilité d’un film (encore au détriment du grain) et d’augmenter la sensibilité d’un film lors du développement.
    Quoi qu’il en soit, les derniers progrès de Nikon et Canon permettant de prendre des photos exemplaires à 6400 isos et le numérique sur ce point à réellement prit de dessus sur l’argentique. (KO!)
  • Dynamique : Il vous est surement arrivé pour des scènes contrastées par exemple que votre appareil « crame » le ciel ou « bouche » le paysage, sans trouver de juste milieu. Ce qu’on traduit par « cramer » et « boucher », c’est l’incapacité pour les capteurs numériques d’enregistrer des détails au delà d’un certain seuil de luminosité.
    Pour exploiter ces scènes complexes, vous pouvez toujours essayer de bidouiller en utilisant la technique du HDR.
    Fuji avait sorti un réflexe fantastique (le S5 pro) qui possédait des photosites dédiés au hautes lumières en plus de ceux dédiés au lumières normales, et sa dynamique rattrapait quasiment ce qu’on peut obtenir avec de bonne pellicules. Mais à part cet ovni, il n’existe pas (encore) de capteur permettant de capturer les détails d’une scène très contrastée aussi bien que sur pellicule, c’est le point sur lequel le film conserve le dessus sur le numérique, jusqu’à ce que les marques s’intéressent de nouveau à cet aspect. (KO!)

…………

Et si on ne réduit pas les avantages/inconvénients de l’argentique à la technique ?

On peut citer pas mal d’autres avantages qui font que le charme et l’intérêt de l’argentique c’est :

– Une utilisation qui change votre rapport au temps (on se fait une péloche qui peut durer des semaines voire des mois et on développe plus tard en redécouvrant de beaux instants)
– Une certaine discipline (à la prise de vue comme au développement/scan/tirage/…), l’argentique fait faire des progrès et permet de voir la photo sous un autre angle.
– Un rendu noir et blanc toujours inégalé en numérique
– Des tirages argentique dont le rendu est incomparable
– Le plaisir de manipuler des supports physique et de voir apparaitre son image en ayant tout fait soi-même de A à Z (physique/chimie FTW !).
–  Le choix immense de pellicules et de rendus (couleur/contraste/grain/…). Certains auront raison de dire qu’il y a profusion de marques de pellicules, mais quand on trouve LE rendu qui convient à son style et ses projets, c’est pour de bon.

…………

En gros pour faire de l’argentique faut être super équipé ?

Faux ! Vous trouverez un nombre incroyables d’appareils de très bonne qualité sur les sites d’enchères et petites annonces.
Ces appareils sont souvent en parfait état de marche, ou ne nécessitent qu’une légère révision.
Vous pourrez acquérir pour une bouchée de pain des appareils qui étaient le très haut de gamme il y a quelques années (et surement le rêve de votre père/grand père).
Sans compter que ces appareils mécaniques sont souvent un mélange de pièce d’horlogerie et de tank russe : ils sont carrément increvables quand ils sont bien entretenus.

Ne pas négliger aussi le monde des « toy cameras », qui délivrent des images au rendu amusant, voire vintage et qui changeront probablement votre manière de prendre des photos (pas de cellule, pas de reglages, on se concentre sur le sujet et on déclenche …!)

Si vous craquez pour un appareil argentique, essayez d’orienter votre choix vers un appareil possédant une cellule, mais si il n’en pas pas, ce n’est pas dramatique, il existe des solutions pour faire à la main ce que fait normalement votre appareil de façon automatique (voir l’article sur la mesure de la lumière), comme par exemple une échelle de mesure à imprimer sur papier, ou une cellule externe (vérifiez qu’elle est juste!), …

…………

Et ça coute cher ?

Certains d’entre vous ont déjà commencé à évoquer le côté financier de l’argentique, on ne vous dira pas que ce n’est pas un inconvénient, mais en faisant le bilan objectivement on s’y retrouve bien, car pour le prix d’un kit réflexe numérique vous pouvez espérer trouver (d’occasion) :
– Un boitier 24×36 (full frame !! 😉 manuel avec son objo standard lumineux + zoom, voire un moyen format
– Une cuve de developpement et les produits chimiques nécessaires
– Un agrandisseur pour faire vos tirages
– Un scanner acceptant les négatifs
– Des lots de pellicules périmées + papiers pour tirages
– Un weekend en amoureux en Normandie (mais pas beaucoup plus loin 😉

Il ne vous reste plus qu’a arpenter les brocantes et vide-greniers et vous êtes équipés!

Pour les pellicules, il existe des bons plans comme acheter son film au mètre par rouleaux de 30 et ensuite bobiner soi-même ses pelloches (ça revient 2 à 3x moins cher), l’intérêt c’est qu’on peut aussi se faire des pellicules de 10-12 pauses qu’on peut ainsi développer le soir même sans être obligé d’attendre d’avoir exposé 36 poses.
Il existe aussi des références de films noir et blancs produits en Chine et qui sont parfaits pour se faire la main.

Je suis en train d’expérimenter le développement couleur à la maison, c’est un peu plus contraignant que le noir et blanc mais pas insurmontable, et ça permet d’en avoir pour 3x moins cher qu’au photomachin du coin…

On entrera dans les détails du développement dans la 3e et dernière partie de notre série d’articles sur la photo argentique.

Clic…

commentaires

Ajouter le vôtre
Avatar par défaut
Alland
Il y a 3 ans et 3 mois

Je viens de terminer une pellicule de 38 vues avec un Leica datant de 1925.
Je cherche l’adresse d’un laboratoire parisien qui puisse me faire des tirages papier, sortir la pellicule du boîtier et m’en vendre une autre.

Il y a 9 ans et 3 mois

je recherche en bonne occasion un scanner à négatif-positif pour transformer de l’argentique en numérique.

Par avance merci
jimi

Avatar par défaut
Blondhy
Il y a 9 ans et 7 mois

Coucou !

J’ai une petite questinon : est-ce que tu saurais quel film il faut pour un Holga Micro 110 Toy (il est tout petit, c’est un micro format mais je ne sais pas quelle pellicule il faut utiliser !)

Merci beaucoup !

Il y a 3 ans et 3 mois

C’est de la couleur ou du noir et blanc ?
Si c’est du noir et blanc, pas mal d’amateurs te le feront pour pas cher.
Il y a souvent des clubs photos dans les villes qui ont toujours le matériel nécessaire pour traiter des pellicules. En s’inscrivant et s’engageant un petit peu, tu peux y trouver des passionnés qui t’apprendront à développer toi-même tes films !

Si tu ne veux vraiment pas le faire ou le laisser à un pro, il y a pas mal d’adresse à Paris par exemple, mais je confierais rien de sérieux aux boutiques photo-service et autres, commence par leur donner une pellicule d’essai et voit si tu es content du résultat.

Pour acheter des pellicules :
http://www.comparateur-argentique.com

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