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L’Art et la manière de composer

Aujourd’hui, éclairons-nous avec un angle nouveau le B.A BA de la Photo: la Composition.

Pour travailler la composition et la gestion de la lumière dans nos œuvres photographiques, on pense souvent travail d’autres photographes en référence. Mais je trouve qu’il y a bien d’autres sources d’inspirations pour nous, photographe en herbe: la peinture ou le cinéma par exemple, par extension à tout type d’art.
Le but ici n’est pas de vous réapprendre à composer (vous pouvez revoir l’article de Jerka sur la composition pour rappel) mais de voir qu’on peut apprendre en dehors du carcan de la photographie. Voyons ensemble le décryptage de quelques « classiques »…

Niveau : Tous niveaux

…………………………

– La peinture ou l’art qui a inspiré la photo –

Ce qui faut savoir, c’est que nombres de règles de composition sont issues du nombre d’or, dont je vous épargnerais les détails mathématiques. Ce dernier considéré comme une « base » pour les artistes, qui l’utilisent dans de nombreuses œuvres. A travers ce nombre d’or découlent d’ailleurs nos règles de composition photographique dites « des trois tiers » :

Une application du nombre d’or

Mais la photographie n’emprunte pas que des règles à la peinture. En effet, on notera par exemple que les diptyques et autres triptyques (œuvres composées de deux ou trois panneaux), parfois utilisés en photo, ont bien pour origine la peinture.

Prenons deux exemples de peintures :

Sur la célèbre Laitière de Vermeer, on note l’importance de la gestion de la lumière. En effet ici la fenêtre est la seule source de lumière, provenant de l’extrémité gauche et éclairant la laitière ainsi que le mur du fond. La lumière mets en valeur le sujet ainsi que différents éléments de nature morte.

Au niveau composition, on notera que les éléments sont également sur des point chauds de la règle des tiers, ce qui met en valeur le sujet, ainsi que le pot de lait. On notera également en terme de composition la complémentarité des couleurs présentes sur la peinture, avec la coiffe de la laitière qui se marie avec le fond de la pièce, son haut avec les différents éléments de nature morte comme le pot, le pain ou encore le panier, un camaïeu bleu qui se complète avec le ton froid de la nappe verte et du torchon et enfin le bas de la robe rouge qui s’associe avec le bas de l’image, le sol et la boite en bois.

Au XIXe siècle, la peinture et son courant Réaliste sont en concurrence avec un nouvel art en plein essor : je vous le donne en mille, il s’agit de la Photographie. Certains peintres vont donc s’essayer à voir les choses différemment, en mettant en avant notamment les phénomène que l’on peut ressentir, les impressions sur les choses de tous les jours : il s’agit de l’impressionnisme.

On verra notamment d’excellentes peintures mettant l’accent sur la gestion de la lumière, avec des contre jours par exemple. Dans le cas de La Femme à l’Ombrelle de Monet (ci-dessus), la source lumineuse provient du ciel, et en contre jour. Les personnages respectent également la règle des trois tiers avec la femme et l’enfant mis en avant. On notera d’ailleurs que l’accent est mis sur le ciel avec une répartition deux tiers de ciel – un tiers de sol.

Le point de vue est en contre plongé (vue pris d’en bas, à l’inverse de plongé où la prise de vue est faite d’en haut), renforçant la présence des sujets. On a également l’impression (d’où ce courant d’impressionnistes) que chaque brin d’herbe, chaque fleur vibrent au gré du vent, et qu’on a la sensation que Monet a demandé au sujet de se retourner et à capturer cet instant avec son pinceau.

…………………………

– Le cinéma ou la photographie animée –

Comme vu dans l’article sur les formats, la photographie moderne emprunte ses origines du cinéma (vous savez, l’histoire des films 35mm utilisés au cinéma, dérivés par Leica en photo). Mais inversement, le cinéma est basé sur la Photo. En effet, pour rester synthétique, le cinéma n’est qu’une succession de prises de vue. Cadreurs et éclairagistes participent à la mise en scène et la prise de vue, comme dans la photographie.

Prenons par exemple cette image issue de Citizen Kane, d’Orson Welles. Notez comme la prise de vue est bien composée avec au premier plan et mis en avant à travers un beau contre jour réalisée grâce aux deux fenêtres au fond de la scène sur l’acteur pointant son doigt accusateur. Le visage du deuxième acteur est visible grâce à la lampe et dont la lumière est réfléchie par le bureau.

Dans un registre plus récent, vous avez certainement entendu parler de The Tree of Life, de Terrence Malick, qui vient de recevoir la Palme d’Or à l’édition 2011 du Festival de Cannes. Film polémique, mais magnifique d’un point de vue photographique. Chaque plan est magnifié par les conditions de prises de vue (Malick aime tourner pendant les Golden Hours ou les Blue Hours). Le réalisateur est d’ailleurs friand de contre plongées, vous en verrez très souvent dans ses films. Ci dessous des images de The Tree of Life et de La Ligne Rouge, deux cas d’école d’un point de vue graphique et visuel.

Bien entendu, tout est une question de goût, mais il est vrai qu’un bon film, c’est aussi une belle direction photographique avec des plans et des lumières bien gérées. Et donc un plaisir purement visuel.

Avec l’arrivée des images de synthèse (CGI pour les intimes), les règles de composition restent, mais l’imagination devient alors sans limite. N’hésitez pas également à vous en inspirer pour vos photos.

…………………………

Comme vous avez pu le voir à travers ces quelques exemples, la Photographie hérite des Arts en terme de composition, et inversement, transmet aux arts « nouveaux » comme le cinéma ses cadrages et sa gestion de la lumière. Les Arts visuels sont ainsi plus liés que jamais, alors n’hésitez pas à enrichir votre regard avec d’autres disciplines comme la Peinture, la Sculpture ou le Cinéma: vos yeux de photographes vous remercieront.

N’hésitez pas à compléter cet article de vos commentaires, astuces et expériences personnelles !

commentaires

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Il y a 10 ans et 12 mois

Mais rappelons nous que « photographie » veut vaguement dire « peindre avec la lumiere »

Il y a 10 ans et 12 mois

J’ai trouvé la saison 2 de Misfits superbe en terme de composition des prises de vue, ce que je n’avais pas remarqué sur la saison 1, certainement dû a mon interet recent pour la photo.

Il y a 10 ans et 12 mois

Ces « règles » de composition ont été acquises après des siècles de dessins, de peintures, d’études, de constatations, d’interrogations sur « pourquoi cette image fonctionne mieux que celle là? »… Alors dire que c’est du « bullshit » c’est foutrement prétentieux. On est pas obligé de les suivre, juste de les connaitre pour pouvoir jouer avec, prendre du recul, mieux comprendre les images, mieux transmettre les émotions…

Bref, cet article est toujours le genre de piqure de rappel bienvenue ! 🙂

Il y a 10 ans et 12 mois

J’ai beaucoup aime cet article. Il reprend certes une regle « de base » mais c’est interessant d’en voir une illustration sur d’autres supports. Sympa.

D’ailleurs, ca m’interesserait vraiment de voir une suite…

Merci en tous cas

Il y a 10 ans et 12 mois

Chouette article!

Aux 1ères lignes parlant de cinéma, je me disais « Tree of Life », et bim il est évidemment cité. J’avais vu le trailer de 2 ou 3 minutes y’à quelques semaines au ciné, ca m’avait décroché la mâchoire.

Ma contribution, ça sera 2 films à (re)voir avec un oeil attentif, qui arrachent photographiquement:
– Psychose d’Alfred Hitchcock, encore aujourd’hui, les plans, cadrages et lumières sont à tomber. Tout ça au service de l’angoisse qu’on lui connaît.
– Se7en de David Fincher. Simple. Sombre. Efficace.

Il y a 10 ans et 12 mois

Et le « spray and pray » ne dure qu’un temps.

Avatar par défaut
cydycyd
Il y a 10 ans et 12 mois

– Je n’en peut plus de ce bullshit asséné à longueur de sites web. Ce n’est pas parce qu’un mensonge est répété qu’il devient vérité: Leica n’est pas l’inventeur du 35mm en photographie. Les appareils photo utilisant du film cinéma apparurent bien avant, et le premier à atteindre la production de masse fut le Homeos en 1913, soit 12 ans avant le premier Leica.

– Stop le bullshit mathématique sur la composition. Faite confiance à vos émotions. Il y a autant de règles que de contre exemples.

Il y a 10 ans et 12 mois

A propos de la photographie d’un film (et de peinture), La jeune fille à la perle, est aussi un exemple vraiment réussi.

Il y a 10 ans et 12 mois

Très chouette synthèse !

Il est vrai que l’on peut regarder tout d’un oeil  » photographique « 

Il y a 10 ans et 12 mois
Il y a 10 ans et 12 mois

Un film pour lequel j’ai craqué (et repassé récemment à la tv) sur la photographie est Spygame. Je trouve que chaque plan est juste superbe (à part peut-être les scènes se déroulant à la cia) Merci à Dan Mindel 🙂

Il y a 10 ans et 12 mois

Les arts visuels sont à mon sens importants pour les notions techniques qu’ils utilisent et pour la culture, l’ouverture d’esprit, l’enrichissement de soi…

Il y a 10 ans et 12 mois

Bravo pour cet article.
Regardez toute chose avec des yeux de photographe, cela vous apportera bien plus d’inspiration que de simplement regarder le travail d’autres photographes.
Et cela exercera votre rigueur au niveau de la composition et de la gestion de la lumière.

Il y a 10 ans et 12 mois

Oui je trouve que le crédit photo de ce film est vraiment intéressant.

Il y a 10 ans et 12 mois

– Bah j’en sais trop rien, mais sur wikipedia, c’est marqué 1905 pour Leica … Qui dit vrai ?

– Oui oui bien entendu que les règles sont faites pour être transgressées. Mais il faut bien partir sur une base, non ?

Au vu des photos que je peux voir parfois, je peux t’assurer qu’un bon rappel de composition ne ferait pas de mal parfois 🙂

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cydycyd
Il y a 10 ans et 12 mois

– Wikipedia Français dit qu’Oskar Barnack aurait eu l’idée en 1905, sans citer aucune source. D’ailleurs cette info est absente du Wiki Anglais. Mais peut importe car de toute façon en 1905 des appareils photo 35mm avaient déjà été fabriqués au Danemark.

– Le mieux est d’observer les enfants. Sans aucune notion photographique, ni mathématico-artistique, ils arrivent à sortir de bon clichés en se lassant guider par leurs émotions.
Ma théorie est qu’il ne faut pas se laisser polluer par toutes ces règles sous peine de rendre son travail plus lisse et moins touchant.
La preuve avec le schéma un peu humoristique « Stages Of A Photographer » publié il y a quelques temps ici: la qualité des photos n’est pas relié à la quantité des connaissances.

Il y a 10 ans et 12 mois

Le « spray and pray » ne dure qu’un temps.

Il y a 10 ans et 12 mois

Pas très d’accord. L’intérêt des règles, c’est de les connaître, pour ensuite jouer avec avec: les respecter, les transgresser etc.
La connaissance n’est pas une bride, c’est un moteur comme un autre.

Il y a 10 ans et 12 mois

Le problème se pose lorsque les règles sont basées sur des idées reçues erronées. Indispensable lecture sur le nombre d’or http://www.lhup.edu/~dsimanek/pseudo/fibonacc.htm

Il y a 10 ans et 12 mois

Je suis débutant et les règles sont une bonne bases pour apprendre et découvrir lorsqu’elles sont assimilées on peut aller au-delà. Pour faire un parallèle : tu n’écris pas parce que tu connais les lettres et les mots, ils faut des règles pour se faire comprendre et pour jouer avec les lettres et les mots.

Il y a 10 ans et 12 mois

C’est un peu comme les brocolis, tu n’aime pas, mais ce n’est pas dégoûtant pour autant…

Il y a 10 ans et 12 mois

Je plussoie fortement pour Psychose, j’ai été extrêmement marqué par la première fois que je l’ai vu en salle, et rebelote à la maison, c’est juste magistral ce qu’il nous a fait le sieur BiteD’Attelage (et oui, pas facile de s’appeler Hitchcock !)

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