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Mathieu Pernot au Mucem montre la vie des personnes migrantes

Jusqu’au 9 octobre, découvrez l’incroyable exposition de Mathieu Pernot L’Atlas en mouvement, un projet artistique qui s’étale sur dix ans réalisé avec des personnes migrantes. Cet été, une escale à Marseille s’impose pour admirer cet ensemble d’œuvres inédites exposées au Mucem. (Photo d’ouverture : © Mathieu Pernot)

L’Atlas en mouvement présente les travaux réalisés par Mathieu Pernot depuis plus d’une dizaine d’années avec des personnes migrantes et propose une nouvelle perspective dans la manière de les représenter. Pour parler de migrations, le photographe fait le choix d’immortaliser les objets qui les constituent, un périple fait de rencontres et de créations. L’exposition au Mucem, à Marseille, au cœur du Fort Saint-Jean, est une collaboration étroite, directe, émouvante avec des personnes migrantes.

« Les photographies montrant des migrants sont très souvent faites par des personnes qui n’ont pas vécu leur situation, qui documentent et montrent ce qu’elles voient d’un point de vue extérieur » il explique. Il fait alors le choix de faire cohabiter plusieurs types d’œuvres. « J’ai eu l’envie de constituer une iconographie qui s’envisagerait avec eux, de faire en sorte qu’ils ne subissent pas l’image faite par d’autres. »

Camp de Moria, Lesbos, Grèce, 2020 © Mathieu Pernot

L’exposition et l’ouvrage qui lui est consacré dévoilent alors des productions des migrants, des productions du photographe, et celles construites ensemble. L’astronomie, la botanique, l’anatomie, la cartographie, l’histoire de l’écriture, la question de l’habitat sont convoquées dans cet atlas comme un savoir commun à l’ensemble de l’humanité. Un savoir commun qui se trouve ici incarné par des individus aux destins singuliers rencontrés par l’auteur.

« Les planètes sont en mouvement perpétuel, les espèces animales migrent librement, les végétaux essaiment et envahissent les paysages alors qu’une partie de l’humanité se trouve contrainte et empêchée dans sa volonté de se déplacer. Refusant l’assignation à un territoire où il ne leur est plus possible de vivre, certaines personnes inventent de nouvelles circulations pour aller de l’avant. Le chemin est long et difficile, et nombreuses sont celles qui ne verront pas la fin du voyage » précise le texte de l’exposition. Des questions surgissent alors spontanées : que peut-on imaginer, à partir des embarcations englouties par la mer Méditerranée ? Une forêt peut-elle garder la mémoire de ceux qui l’ont traversée ? Que peut nous dire le ciel de l’histoire de celui qui le regarde ? Comment habiter son corps, quand il faut quitter le lieu où il s’est lui-même construit ?

L’ange de l’histoire, 2016 © Mathieu Pernot

La réponse du photographe est multiple et se fait à plusieurs voix. Mêlant photographies, vidéos, supports manuscrits, cartes et objets trouvés, l’atlas renverse le point de vue qui se pose sur les personnes migrantes. Traités de façon anxiogène et de plus en plus discriminatoire, les migrants sont ici les porteurs de leurs savoirs millénaires, remis au centre du récit, inscrit dans le récit au temps long de l’Histoire. Comme le suggère l’exposition, « de Mossoul à Alep, de Lesbos à Calais en passant par Paris,  l’Atlas en mouvement  traverse les temps et les territoires de l’exil et part à la rencontre de celles et ceux qui ont la force de l’espoir. Il met en mouvement les images et propose de créer un espace où représenter l’histoire fragile des migrants. Il nous dit que celle-ci s’inscrit dans une histoire commune qu’il faut écrire ensemble. »

Pour en savoir plus sur l’exposition vous pouvez consulter le site du Mucem. Mucem, fort Saint-Jean— Bâtiment Georges Henri Rivière, du vendredi 8 juillet 2022 au dimanche 9 octobre 2022.

Source : Mucem


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Il y a 1 mois

exposition très intéressante que j’ai visité dans le cadre des « Rencontres d’Arles ».
A voir!

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