Login
Adresse email
Mot de passe
Confirmez votre Mot de passe

Lense

Salon de la Photo, ouverture du vote pour les Zooms 2020

L’édition 2020 des Zooms du Salon de la Photo se dévoilent à l’occasion de l’ouverture des votes.

Initiés en 2010 par le Salon de la Photo, les Zooms récompensent deux auteurs vivant en France et faisant partie de la scène photographique émergente. Si l’un des prix est décerné par des représentants de la presse spécialisée photo (le jury est présidé par Jane Evelyn Atwood), l’autre dépend entièrement des votes du public qui sont d’ores et déjà possibles par le biais du site internet du Salon de la Photo. Les lauréats du concours seront dévoilés le 6 octobre 2020. Leur photos seront ensuite exposées à Paris, à l’occasion du Salon de la Photo (prévu entre le 5 et le 9 novembre 2020), puis à Yokohama, lors du CP+ (du 25 au 28 février 2021).

Les douze photographes en lice pour les prix Zooms ont été sélectionnés par 12 responsables de titre de presse photo, ou pas. Cette année marque en effet l’arrivée du quotidien Le Monde, l’hebdomadaire LE Figaro Magazine, et le retour du site Les Numériques. Chaque magazine papier ou site internet désigne son coup de cœur – et l’œil averti pourra certainement faire un lien entre la ligne éditoriale du média en question et la démarche créative du photographe qui lui est associé.

Marguerite Bornhauser

Présentée par Eric Karsenty, rédacteur en chef du magazine Fisheye. (magazine édité par la société Be Contents, comme Lense.fr)

« Marguerite Bornhauser est une photographe emblématique d’une génération qui s’affranchit des contraintes documentaires et conceptuelles pour laisser s’exprimer ses sensations à travers les lumières et les couleurs qu’elle compose en toute liberté dans ses images. Après avoir suivi la piste du romancier américain Dashiell Hammett avec sa Moisson rouge, Marguerite Bornhauser prolonge ses explorations dans des tonalités plus sombres, en se laissant guider par les paroles de Neil Young : « The sky is blue and so is the sea. What is the color when black is burned ? » Black is burned, sa nouvelle série qui rassemble des clichés pris au Japon, en France et en Italie, fait la part belle aux ombres, pour mieux mettre en valeur les lumières d’un été passé et nous en livrer ses voluptés. » Eric Karsenty

Agathe Catel

Présentée par Yann Garret, rédacteur en chef du magazine Réponses Photo.

« Agathe confesse qu’elle a mis du temps à trouver sa place dans le monde, et que c’est sans doute ce qui l’a amenée vers le monde du cirque, auquel elle consacre une grande partie de son travail. Le cirque est pour elle le lieu de la différence et de l’interculturalité. « Donner à voir la différence, dit-elle, c’est la rendre belle aux yeux de tous ».  Pendant deux mois, Agathe a partagé le quotidien des artistes du festival de cirque international cubain, une manifestation qui organise chaque année une tournée de 75 représentations à travers le pays. Mais plutôt que vers le spectacle, c’est derrière le grand rideau de la piste que l’objectif d’Agathe s’est tourné, au plus près de l’intimité de ces artistes cubains, mexicains, colombiens ou vénézuéliens, dans les temps d’entraînement ou de préparation, mais aussi dans des moments de solitude et de mélancolie. » Yann Garret

Mathilde Fanet

Présentée par Stéphane Brasca, directeur de la rédaction du magazine de l’air.

« Pour les 20 ans du magazine de l’air, nous avons décidé de parrainer la candidature d’une photographe guère plus âgée que nous, Mathilde Fanet. Cette jeune artiste, déjà très talentueuse, est en 3ème et dernière année à l’Ecole de l’image Gobelins à Paris. Etablissement qu’elle a rejoint après avoir été diplômé des Beaux-Arts de Rouen. Son écriture totalement originale, inspirée notamment par Roger Ballen et Tim Burton, mais aussi par les jeux de rôle, la BD, les films gore et les séries Z, nous a séduit. Elle fait preuve, à son âge, et malgré une expérience infime, d’un style qui laisse présager une belle carrière dans le monde de l’image. Cette jeune normande se distingue par ses impeccables mises en scène, son désir de transgresser avec humour, sa maîtrise de la lumière et de la couleur. Elle est aussi douée en vidéo, intolérante à Photoshop, et pour ses autoportraits ou ses scénographies un rien macabres (elle a beaucoup appris lors d’une stage chez un taxidermiste!) mais pleine d’autodérision, elle révèle des talents de bricolage et de système D dignes d’une artiste que nous avions présenté aux Zooms il y a quelques années, Elene Usdin (qui depuis poursuit une magnifique carrière). On sent aussi chez elle un petit quelque chose du photographe-plasticien-installateur et bricoleur Nicolas Henry avec qui elle a fait un long stage.Volontaire, enthousiaste, Mathilde a assisté entre 2019 et 2020 le photographe Lewis Bush, lauréat de la résidence BMW abritée par les Gobelins. » Stéphane Brasca

Aurélien Gillier

Présenté par Léonor Matet, iconographe, et Dimitri Beck, directeur de la photo du magazine Polka.

« Quand Aurélien Gillier se rend pour la première fois au Burkina Faso en janvier 2016, il a en tête de réaliser un sujet sur les courses hippiques. Il y passe un mois, logé dans un quartier populaire de Ouagadougou, et alors qu’il boit un verre avec des amis, un attentat se produit à quelques kilomètres de là. Il pense à couvrir l’événement mais un homme fait irruption dans le bar. Lui, c’est Don Carlos, plus connu sous le nom de « Shérif de Ouidi ». « Votre sécurité est entre les mains du Shérif », proclame-t-il, ivre, et demande en échange quelques clopes et des bières. Le décor est planté ! La pénombre transforme le troquet en saloon et le protagoniste de ce qui deviendra cette nouvelle série entre en scène.
Depuis quelques temps, Aurélien Gillier était à la recherche de cette personnalité locale. Leur rencontre inopinée le décide à raconter l’histoire des cowboys modernes d’Afrique de l’Ouest, une histoire qui mêle la tradition hippique du peuple Mossi datant de l’époque médiévale aux codes du western américain. « Le rêve du Shérif, c’était d’être John Wayne, raconte le photographe. Les Africains ont très rapidement eu accès à des Westerns et n’ont pas cherché un instant à jouer le rôle des Indiens. Eux, ce qu’ils voulaient, c’était être les Cowboys, les dominants, pas les dominés ». Le Shérif incarne un rôle dont il est intimement convaincu, s’invente un personnage, une vie familiale même, et se sent investi d’une mission de sécurité dans le quartier. Il y fait régner sa loi, recadre ceux qu’il considère comme des « brigands », ces bandes qui traînent et commettent des petits larcins.
Mais les cowboys, ce sont eux. Des gamins des rues qui ont quitté l’école et se font recruter, dès le plus jeune âge, dans le monde du cheval. Ils s’occupent des bêtes, sont cavaliers, jockeys, écuyers, dresseurs ou entraîneurs. Pour gagner quelques deniers, ils préparent les chevaux pour quelques festivités, des mariages, des attractions. Cavaliers acrobates, ils paradent lors d’événements culturels tels que le Fespaco – le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, équivalent national du Festival de Cannes –, mais aussi lors des cérémonies officielles, aux côtés du roi Mossi et du président de la République. Pour les propriétaires des chevaux, de riches burkinabés, l’animal, symbole de l’identité africaine traditionnelle, est un signe d’apparat.
Pour contrer l’ennui entre les rares festivités, les jeunes cowboys organisent des courses, plus ou moins officielles, dans l’hippodrome de la capitale chaque dimanche à 15 heures. L’argent circule. Les bandes rivales se toisent. On joue les gangsters dans une ambiance macho.
Entre documentaire et fiction, Aurélien Gillier relate le quotidien de ces cavaliers marginaux, premiers rôles d’une épopée chevaleresque qui s’écrit dans un autre far west. »  Léonor Matet

Julia et Vincent

Présentés par Agnès Grégoire, rédactrice en chef du magazine Photo.

« Cette année, c’est un duo de créatifs que PHOTO présente : Julia et Vincent ! A deux, les idées rebondissent mieux !
Ils ont une certaine notoriété dans le milieu de la musique grâce à la réalisation de leurs clips (Hamza, L’Impératrice, Myth Syzer…) mais sont émergents et encore méconnus sur le territoire de la photographie.
Leurs études en Arts appliquées leur ont permis tout d’abord de se rencontrer et ensuite de construire un univers qui leur ressemble. A travers un regard toujours bienveillant, ils y explorent objets et situations banales du quotidien, mis en scène avec un brin d’impertinence et beaucoup, beaucoup de sensualité.
En parallèle de commandes de mode et de réalisations publicitaires (Isabel Marant, Kenzo, Jean Paul Gaultier, By Far…), Julia et Vincent développent des projets personnels qu’ils chérissent. Comme « Le Grand Est », un livre d’amour dédié à leur région, qui, entre mode et reportage, documente l’Alsace comme on ne l’a jamais vue.
Leurs références photographiques vont de Helmut Newton et Guy Bourdin, en passant par David LaChapelle, Donna Trope, Martin Parr, Camille Vivier… et Jane Evelyn Atwood, bien sûr, c’est la présidente du Jury des ZOOMS 2020 !
Que ce soit pour des clips ou des photos, leurs images ont déjà une forte identité. En argentique ou en numérique, elles sont surprenantes, kitsch, sexy, intelligentes, provocantes, engagées et pleines d’humour ; elles ressemblent à PHOTO ! On adore ! On partage ! @juliaetvincent » Agnès Grégoire

Clémence Losfeld

Présentée par Damien Roué, rédacteur en chef de Phototrend.

« Entre photographie et performance artistique, Clémence Losfeld propose un nouveau rapport à l’espace bien connu de nos intérieurs. Sa série « L’élément du décor », débutée il y a plusieurs années, a pris une autre dimension lors de notre confinement printanier forcé. En questionnant les fonctions préétablies de notre mobilier, la photographe propose une série d’autoportraits contorsionnistes avec une pointe d’humour. Autour d’elle, c’est une relation nouvelle avec des lieux pourtant si familiers qui se dessine.
Marqué par une créativité brute et étonnante, ce travail photographique de Clémence Losfeld fait fi des tabous et de l’hypersexualisation du corps féminin en jouant à un jeu de Tetris humain là où on ne l’attend pas. » Damien Roué

Jacques Maton

Présenté par Vincent Trujillo, directeur de la rédaction du magazine Le Monde de la Photo.

« Évoquer cette série photographique, c’est comme essayer d’écrire une anthologie de la liberté. Pas simple ! Au premier regard on est bousculé par le choix du format, de la contre-plongée, de la verticalité et de la composition des clichés – ces corps qui parfois s’estompent dans l’image pour mieux figurer le mouvement ou l’ivresse d’un vol suspendu – ces contrastes prononcés ou le parti pris systématique du contre jour… Rien n’est vraiment académique. On s’économiserait de nombreux maux de tête à expliquer un tel travail à un photographe débutant. Aucun dogme n’est absolument respecté. Et c’est toute la magie de cette série et le talent de Jacques Maton. Il ne faudrait pas croire que seul un hasard heureux puisse offrir cette alchimie entre des choix techniques audacieux, une esthétique monochrome et un sujet aussi spectaculaire soit-il. « Les oiseaux de nuit » s’inscrit dans l’émotion, celle d’une photographie capable de faire l’économie des mots. L’expliquer c’est déjà dénaturer son propos ; il n’y a qu’à voir et admirer. Le résultat est bluffant car dans cette digression totale, le photographe signe un travail puissant et remarquable. Il vous invite à voir le monde avec une légèreté, une grâce et un abandon sans limites. Saisir ainsi la sensation vertigineuse du vol et sa spiritualité est une prouesse. Et jacques Maton l’a fait avec brio. L’homme devient oiseau, mais quel oiseau ? L’oiseau qui pense, l’aigle plus l’âme… disait Victor Hugo. » Vincent Trujillo

Marie Mons

Présentée par Didier de Faÿs, rédacteur en chef de Photographie.com.

« Nous sommes tous photographes aujourd’hui. S’adresser au monde, c’est alors témoigner par la photographie d’un engagement essentiel. L’engagement peut-être politique ou poétique, c’est le parcours qui en donne sa valeur.
Celui de Marie Mons, alias Aurore Colbert est ponctué de livres à compte d’auteur, de pierres blanches qu’elle nous lance. Regardez-moi, dans toute ma différence que vous voyez en pleine gueule, j’existe. L’existence pour le photographe, c’est l’histoire racontée, la sienne ou celles des autres. Et la jeune photographie conjugue les deux. Regardez-moi, mon histoire c’est la nôtre.
De l’exil insulaire de l’Islande à la Martinique, Aurore, Marie nous emmènent à traverser nos identités. Le voyage initial au cœur des contrastes gelés est violent. Elle est née de cette différence. La différence est toujours violente. Le contraste de la glace à l’obscurité se révèle dans les emails initiatiques et les psalmodies des chamans. Chaque photographie est une renaissance qu’elle nous impose.
Sa vie se sur-impose en une odyssée où résonne l’onde de choc du racisme structurel anglo-saxon atteignant les racines de l’Europe. Traversant l’Atlantique en trois voyages vers l’île antillaise, sa photographie nous révèle notre histoire, celle d’il y a quatre cents ans –peut-être en filigrane– mais avant tout celles écrites par les Césaire, Glissant, Confiant ou Chamoiseau.
De la nuit polaire, le temps de la maternité, les mots, l’émoi de la photographie ont rejoint leurs textes de noirs et de blancs. Dans ce retour aux sources, la photographie ajoute ses couleurs à fleur de peau, de cannelle à sapotille, de griffe à chabine. Et le portrait est alors bien dressé, avec superbe, avec humanité : la nôtre, si contemporaine, car la photographie de Marie Mons nous fait voir le sens de l’Histoire où sa réalité mise en scène, laisse entrevoir la différence dans toute sa beauté. » Didier de Faÿs

Arnaud Moro

Présenté par Renaud Labracherie, rédacteur en chef adjoint, Les Numériques.

« C’est en plein confinement et alors qu’un virus dresse des murs entre les humains qui nous privent de nos libertés les plus élémentaires, que je découvre la série d’Arnaud Moro. Et c’est une véritable ode à l’évasion qui s’offre à moi, un océan lumineux dans lequel il est possible d’évoluer sans contrainte, sans repère où il est parfois bien difficile de distinguer le haut du bas. Mais qu’importe, car les baigneuses, telles des sirènes, nous invitent à les rejoindre, à dépasser nos peurs et à franchir ce mur de la réalité. Une surface entre eau et air, qui comme un portail, nous permet de nous immerger dans un autre monde, un univers à la fois chaleureux et rafraîchissement duquel nous n’avons nulle envie de nous échapper. » Renaud Labracherie

Sophie Rodriguez

Présentée par Cyril Drouhet, rédacteur en chef au Figaro Magazine.

« L’humilité est quelque chose qui manque parfois cruellement à notre profession. Ancienne sportive de haut niveau, Sophie m’a immédiatement frappé par sa modestie et sa capacité à accepter les critiques et les conseils pour s’améliorer. On sent que cette énergie qui l’a menée jusqu’aux Jeux Olympiques et aux marches du podium des championnats du monde est toujours là, transformée, chevillée au corps et alimentant une rigueur de travail et un perfectionnisme hors-norme. Formée au photojournalisme, elle n’exclue jamais de se nourrir d’une autre grammaire photographique pour enrichir son écriture. Un profil atypique derrière lequel se cache un immense potentiel pour notre métier. » Cyril Drouhet

Marion Saupin

Présentée par Gérald Vidamment, rédacteur en chef du magazine Compétence Photo.

« C’est l’histoire d’une myriade d’objets jetables et d’emballages à utilisation unique ; tous certifiés non garantis à vie. À en croire notre folie consumériste, ils seraient néanmoins absolument indispensables à notre bien-être. Tantôt contenants, tantôt contenus, ils envahissent la planète, capitonnent les fonds marins, et finissent par gagner notre indulgence, se rendant alors avantageusement invisibles.
Mais c’est aussi une histoire d’anticipation, où lesdits objets, une fois leur cycle éphémère effectué, entament finalement une seconde existence, durant laquelle ils ne font désormais plus qu’un avec notre corps, épousant nos formes, accompagnant nos gestes, dirigeant nos sens. Cette fois, c’est nous qu’ils emmaillotent, empapillotent, encapuchonnent ; toujours à notre insu. Cette fois, c’est nous le produit. Humains reconditionnés par paquets d’un exemplaire ; pelliculage à discrétion. Naît ainsi une génération mutante d’êtres radieux en apparence, hautement stylisés, et progressant inexorablement dans une lumière aveuglante. Ce défilé de dupes qui se joue devant nous finirait presque par nous emballer, nous faire rêver ; alors qu’au même instant, c’est une douce asphyxie doublée d’une oppressante indifférence qui ponctue l’ultime acte d’une espèce définitivement déboussolée.
Intitulée Re-cycle, la série de Marion Saupin nous confronte à notre capacité inébranlable à faire fi d’une réalité connue de tous. Et qu’importe si l’objet d’insouciance se retourne contre nous. Nous aurions déjà gagné haut la main notre perte. Emballé, c’est pesé. » Gérald Vidamment

Kamil Zihnioglu

Présenté par Nicolas Jimenez, directeur photo, Le Monde.

« Vous avez forcément vu une de ses photos, sans forcément le connaître. Des rues de Paris la nuit des attentats, à l’Arc de Triomphe lors des manifestations de gilets jaunes, en passant par les obsèques de Jacques Chirac, Kamil est un jeune photojournaliste qui fait ses armes pour l’agence AP (excellente école de la précision journalistique s’il en est). Mais Kamil développe dans ses projets personnels une écriture photographique, plus intuitive, moins en tension et plus dans l’émotion. Le résultat est précis, maitrisé et sensible. Les lumières sont belles. Il est de cette jeune génération, en mouvement, qui questionne sans cesse les diverses pratiques photographiques sans les opposer. » Nicolas Jimenez

Source : Salon de la Photo

 


 

commentaire

Ajouter le vôtre

Laissez un commentaire

Laissez un commentaire

Devenir Lenser