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Xiaomi Mi Note 10 : 108 millions de pixels dans un smartphone

Avec le Xiaomi Mi Note 10, l’ambition du constructeur est clairement affichée : venir jouer les outsiders sur le segment des photo-phones haut de gamme. Et pour ce faire Xiaomi a des arguments à faire valoir avec non seulement 5 modules photos à l’arrière mais aussi le premier capteur pour smartphone à franchir la barre des 100 millions de pixels. Un chiffre ébouriffant certes, mais comment se comporte-t-il à l’usage ? Réponse dans notre test !

Présentation

Le Xiaomi Mi Note 10 se positionne comme un tueur de haut de gamme et s’arme d’arguments solides. Bien que nous ne traitons ici que de la partie photo, ses caractéristiques le distinguent. Animé par un processeur SoC Qualcomm Snapdragon 730G et 6 Go de mémoire (RAM), ce smartphone est à l’aise dans toutes les situations. En jeux, c’est le processeur graphique Adreno 618 qui prend le relais et même si sur les titres les plus gourmands on sent quelques ralentissements, ce smartphone tient le multitâche aisément. Notre version 128 Go de mémoire non extensible offre largement de quoi faire en terme de stockage, même si en shootant en 108 millions de pixels on obtient des clichés de plus de 23 Mo, et même plus de 54 Mo en Raw. Mais nous développerons ce point un peu plus loin.

Pour l’heure nous saluons l’effort de design et surtout la qualité de l’écran. Avec un taux d’occupation de 88% et des bords légèrement incurvés le Xiaomi Mi Note 10 offre une belle expérience d’affichage. La dalle Amoled de 6,5 pouces en définition Full HD+ (2 340 x 1 080 px) offre une résolution de 396 ppp très suffisante mais surtout la technologie Oled permet d’obtenir un contraste élevé des plus intéressants. En effet, le confort de visionnage est excellent que ce soit pour des photos ou des films. Même en plein soleil nous avons noté que la luminosité maximale de plus de 580 cd/m2 permettait un bon confort de lecture. Idéal pour cadrer en plein jour donc. Pour ne rien gâcher le delta E est de 1,4 ce qui permet à la dalle d’afficher des couleurs justes.

La photo en pratique

Le Xiaomi Mi Note 10 se distingue donc par ses 5 modules photo répartis comme suit :

  • capteur principal de 108 millions de pixels, équivalent 24 mm, f/1,7, stabilisé
  • ultra grand-angle de 20 millions de pixels, équivalent 16 mm f/2,2
  • téléobjectif x2 de 12 millions de pixels, équivalent 50 mm, f/2
  • téléobjectif x5 de 5 millions de pixels, équivalent 120 mm, f/2,0, stabilisé
  • objectif macro de 2 millions de pixels, f/2,4

Le Xiaomi Mi Note 10 est le premier smartphone a embarquer une telle définition. Un chiffre qui ne doit pas laisser oublier cependant que la densité de pixels est très élevée. En effet, sur une diagonale de 1,2 cm le Xiaomi Mi Note 10 embarque 12 032 pixels en largeur sur 9 024 pixels en hauteur. Imaginez donc la taille de chaque photosite. Pour pallier ce problème, le terminal shoote par défaut en 27 millions de pixels selon la technique du pixels binning. Un procédé qui permet de regrouper les photosites par 4 et donc d’augmenter la surface sensible pour être plus efficace dans les environnements plus sombres.

 

Module Standard

Par défaut l’ensemble fonctionne globalement très bien. L’application est simple et épurée et on a le choix d’activer ou non l’IA. Par beau temps les images délivrées sont flatteuses avec une colorimétrie un peu excessive. L’ensemble paraît bien détaillé mais si on zoom dans l’image on s’aperçoit vite que le traitement d’image et surtout la densité de pixels créer des aplats au niveau des plus fins détails.

Module principal grand angle
Extrait à 100%

En passant en mode 108 millions de pixels, on pourra plus facilement zoomer dans la photo mais au final le résultat est le même : les plus fins détails sont lissés. Autre point, en 108 millions de pixels on a le sentiment que l’image est simplement extrapolée. En effet, à partir d’un certain niveau de zoom il ne sert plus à rien pratiquement de zoomer car on obtient pas d’informations supplémentaires. Ce mode sera surtout utile pour qui souhaite imprimer ses photos en grand mais pour un usage social de partage l’intérêt reste limité.

Photo en 108 millions de pixels avec le capteur principal
Extrait 100% en 108 millions de pixels

En activant l’IA les images deviennent encore plus punchy, avec notamment une dynamique plus élevée au risque de ne plus paraitre naturelle. L’effet est surtout très visible par temps couvert avec un effet de structure renforcé au niveau des nuages ou des verts très accentués sur l’herbe par exemple.

Sans VS Avec IA

En ambiance sombre, le mode nuit propose un résultat honorable grâce notamment à la technique du pixel binning mais surtout grâce à la photographie computationnelle. Cette technique permet de combiner plusieurs images prises à des temps de pose allant de 1/6 s à 1/15 s. L’avantage est que même si le photographe bouge, les tremblements disparaissent, l’inconvénient est que l’image est post traitée assez brutalement et les détails sont gommés. Il restera la possibilité de travailler en Raw en haute définition mais dans ce cas la montée du bruit est très sensible surtout au niveau du bruit de chrominance.

En mode pro, à 1600 ISO les plus fins détails sont complètement lissés.
En revanche en mode nuit, l’image est réinterprétée et le résultat est plus flatteur

Même constat avec les images ci dessous réalisées successivement en mode Auto, Mode Pro et Mode Nuit :

Mode Auto
Mode Pro à 3200 ISO
Mode Nuit

Modules Zoom

Avec le grand-angle les résultats sont intéressants aussi avec une bonne lumière. Les rendus sont flatteurs avec des contours accentués et une vibrance des couleurs élevée. Bon point aussi pour la distorsion qui apparaît finalement bien maitrisées. En revanche la netteté sur les bords laisse grandement à désirer et surtout en zoomant ou en téléchargeant ses images pour les regarder sur l’écran de son ordinateur on constate vite que le niveau de détails est faible et là encore, les détails apparaissent trop lissés. En basse lumière le module photo ne peut pas grand chose : l’image est bruitée et l’autofocus patine avant de trouver le point.

Le niveau de détail se défend bien en ultra grand-angle mais la netteté sur les bords est mauvaise.

Du côté des zooms x2 et x5 il ne faudra pas s’attendre à des miracles. Les résultats de l’équivalent 50 mm reste exploitables en pleine lumière et à condition de ne pas zoomer dans l’image. En revanche l’équivalent 120 mm peine à convaincre avec des artéfacts disgracieux et des amas de pixels, surtout sur les détails lointains. En basse lumière on passera son tour malheureusement.

Le zoom x2 fait le travail mais l’accentuation des contours est trop forte.
Avec le zoom x5 les détails sont pixelisés et l’accentuation exagérée.

Module Macro

Reste le module macro qui pâtit d’une définition très faible de seulement 2 millions de pixels. Mais son intérêt est ailleurs, puisque avec une mise au point minimale de seulement 2 cm il permet d’adopter des points de vue uniques et de redécouvrir le monde sous un autre angle. Si la qualité de l’image est moyenne on salut son aspect ludique.

Dommage que la définition du module macro soit si faible.

Vidéo

Dernier aspect de notre test, la partie vidéo. En 4K 30p, bien que l’image scintille un peu, le rendu globale reste agréable avec notamment un niveau de détail élevé et un rendu des couleurs toujours aussi agréable. Par contre le rendu est assez tranché avec des contours trop découpés. Un aspect qui apparait bien moins clairement en Full HD 1080 60p. En comparaison on a une sensation d’accutance bien moindre, mais le rendu est un peu plus doux. Dans les deux cas la stabilisation n’est pas miraculeuse et peine à bien absorber les tremblements ou les mouvements, pourtant lents, lors d’un panoramique par exemple.

 

Si on oubliera le rendu avec le zoom x2 trop pixélisé on apprécie les effets de ralentis disponible x4, x8 et x32. Évidement dans les deux derniers modes ( 240 fps et 960 fps ) on ne pourra filmer autrement qu’en 720p mais en 120 fps la définition reste du 1080 ce qui permettra d’intégrer plus facilement une séquence de ralentit dans un montage plus globale. A noter aussi qu’il est possible de filmer avec le module macro dans ce mode. Enfin, un mode dédié à TikTok ( le réseau social des ados ) est disponible avec la possibilité de créer des vidéos courtes de 10 s max en choisissant son thème musical, son effet de vitesse et son filtre. Ludique là aussi, l’usage reste cependant limité.

Les + :

  • Design
  • Application simple
  • Variété des modules et donc des angles de vue
  • Mode tout auto souvent pertinent
  • Images flatteuse
  • Mode vidéo amusant

Les – :

  • Définition excessive
  • Effet HDR un peu trop prononcé
  • Traitement logiciel trop dur
  • Lissage excessif
  • Autofocus lent en basse lumière
  • Mode nuit à améliorer
  • Stabilisation vidéo moyenne

Conclusion

Le Xiaomi Mi Note 10 présente indéniablement une série d’atouts qui le rendent intéressant mais il n’est pas la révélation que l’on attendait. A commencer par son impressionnante définition qui finalement à l’usage se révèle peu utile. Certes, elle est surtout là pour permettre au module principal d’offrir des clichés de 27 millions de pixels selon la technique du pixel binning qui combine quatre photosites en un, mais finalement le gain n’est pas si flagrant. Certes le rendu des images est appréciable, flatteur, facilement partageable et ne demande que peu d’optimisation pour créer l’effet « wahou » tant recherché sur les réseaux sociaux. Mais si on commence à zoomer dans l’image ou à les regarder sur grand écran on s’aperçoit vite des limites du procédé. La faute avant tout à un traitement logiciel agressif qui gomme les plus fin détails. Une constante que l’on retrouvera sur l’ensemble des capteurs et qui procurera à propos de ce smartphone une sensation d’inachevé. Dommage car l’iA fonctionne bien, le mode portrait est globalement bon et surtout la présence des cinq modules offre une polyvalence appréciable. Sans compter que la partie vidéo offre quelques surprises amusantes.

Pour finir nous terminerons sur l’idée que le Xiaomi Mi Note 10 est sans aucun doute un des photo phones les plus doués du marché mais il reste derrière les ténors de la catégorie, Pixel 4 et Huawei P30 Pro en tête, ces derniers offrant un traitement logiciel moins agressif. Qui sait, peut- être que si les rumeurs d’un partenariat avec Hasselblad sont fondées, le géant chinois apprendra à pondérer son traitement d’image et à mettre davantage l’accent sur la qualité des optiques pour un rendu plus naturel. A suivre !

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